Musique brésilienne : Les 2 artistes à connaître en 2023

La musique au Brésil est l’un des arts les plus exploités. Le pays compte une immense variété de styles musicaux, expression de toute la richesse culturelle du pays. Véritable emblème de l’inter-culturalité, la musique occupe une place essentielle dans le quotidien des brésiliens. Peu de pays peuvent se vanter d’avoir eu un artiste du calibre de Gilberto Gil comme ministre de la culture ! 

 Chaque année, l’industrie musicale du Brésil révèle de nouveaux talents, et perpétue le succès de beaucoup d’artistes populaires. La scène musicale brésilienne ne cesse de s’agrandir, de se renouveler, d’innover. Au départ des styles classiques, comme la samba, le forro, ou encore la MPB ( música popular brasileira ), le Brésil réinvente les genres à travers un métissage musical surprenant. La samba est elle-même née d’un croisement entre rythmique africaine et fado ( chant traditionnel portugais ). 

Mais la musique brésilienne ne se résume pas qu’à ses genres traditionnels. Aux vues du succès de notre sélection des meilleures chansons brésiliennes de 2020, nous avons voulu vous partager deux artistes emblématiques de la scène brésilienne contemporaine. Ouvrez grand vos oreilles.

Engagée, traditionnelle, contemporaine, la musique au Brésil revêt des styles et sonorités bien différents selon la région, mais une chose est certaine, elle est toujours omniprésente ! Lors d’un voyage au Brésil, vous pourrez constater la place qu’elle occupe dans la rue, les bars, les restaurants. La musique au Brésil accompagne toute les activités, leur insufflant une allégresse et une légèreté unique. 

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Chico César, un musicien brésilien foudroyant et engagé

Chico César n’est pas nouveau dans le milieu musical brésilien. Reconnu aujourd’hui dans le monde entier, après une longue carrière débutée il y a plus de 40 ans, Chico César est un artiste plus que salué par ses pairs.C’est même l’un des artistes les plus incontournables du Brésil. Caetano Veloso, l’un des colosses de la culture musicale brésilienne, lui a même dédié l’une de ses représentations parisienne en 2019.

Chico César commence à s’intéresser très jeune à la musique. Diplômé de ses études de journalisme à seulement 16 ans, il fait partie d’un premier groupe, le Jaguaribe Carne à João Pessoa, et y rencontre la poésie avant-gardiste. Il y développe un style aiguisé, travaille son goût pour la langue, l’écriture et la lecture. 

 A 21 ans, alors diplômé de journalisme, il déménage à São Paulo pour y travailler dans un journal local, et en profite pour se perfectionner à la guitare. Ses compositions se multiplient et s’affinent, son public se forme, Chico César commence à connaître un certain succès sur le sol brésilien. Ses chansons revêtent toujours le manteau de la poésie, et évoquent souvent l’amour, sous toutes ses formes. O amor é um ato revolucionário. (2019)

chico césar artiste du Brésil

Début de carrière : la musique brésilienne de Chico César à la conquête de la scène internationale

 

Au début des années 90, il est invité pour une tournée en Allemagne. Le succès est tel, qu’il décide d’abandonner le journalisme pour se consacrer exclusivement à la musique. De retour au Brésil, il forme le groupe Cuscuz Clã, et se produit dans plusieurs bars et boîtes à São Paulo, notamment dans un club bien connu, le Blen Blen Club. Il sort son premier album Aos Vivos en 1995. Ce premier disque creuse la musicalité de l’acoustique et du live, une belle performance. Mais c’est son deuxième album qui propulsera Chico César à l’international. Cuscuz Clã est un hommage à la variété des styles musicaux brésiliens. Les productions mêlent savamment rythmique et poésie, légèreté et profondeur. Chico César aime à innover, et on le ressent vraiment bien dans l’évolution de sa musique, et le temps qu’il consacre à la recherche de celle-ci. 

Au fil de sa carrière, il met l’interculturalité à l’honneur et collabore avec des artistes de tous horizons. Son deuxième album  Respeitem meus cabelos, Brancos (respectez mes cheveux, les blancs), né d’un parcours artistique à travers l’Europe et le Brésil, et fait participer de nombreux artistes. Il est d’abord pré-produit par l’anglais Will Mowat à Londres, où ils enregistrent en même temps deux grands chanteurs / compositeurs internationaux, Nina Miranda une anglo saxonne d’origine brésilienne, et Chris Franck chanteur et compositeur allemand. Ces deux artistes font partie d’une nouvelle vague de Bossa Nova, la New Bossa, très appréciée en Europe ! Voici l’un des titres de cet album qui surfe sur un style tropico-moderne unique.

 

Ce magnifique duo inattendu, on le doit au maître de l’éclectisme, Chico César. 

Après l’Angleterre, Chico César et son producteur rentrent au Brésil pour enregistrer Naná Vasconcelos, une étoile du swing, puis se dirigent à Salvador pour Carlinhos Brown, l’un des créateurs de la samba-reggae. Le périple créatif passera ensuite par João  Pessoa, pour se terminer à São Paulo, où l’enregistrement sera enfin achevé. 

Chico César est un artiste perfectionniste et inclusif. Passionné par la musique, il n’hésite pas à sillonner le monde à la recherche de l’apport de l’autre. Il nommera même l’un de ses titres O arte do encontro  (l’art de la rencontre). C’est ce qui constitue pour lui toute la beauté de la musique, mais aussi les racines même de la musique brésilienne. L’universalité est au cœur du travail de Chico César, et c’est un véritable plaisir à écouter.

Chico César : poétique et politique

 

L’artiste a toujours construit son travail en écho aux problématiques politico-sociétales brésiliennes. L’un de ses titres les plus connus Mama Africa, sorti en 1996, rend hommage à ses racines africaines. Todas as canções são políticas e ideológicas, ( toutes les chansons sont politiques et idéologiques), déclare-t-il sur son compte Instagram. Profondément touché et engagé, sa carrière est quasi aimantée aux rebondissements sociaux du Brésil. Il ne manque d’ailleurs aucune occasion de manifester son désaccord envers le parti de Bolsonaro. Il en a même récemment fait une chanson/ parodie en références aux « mignons », ces petites créatures aussi bêtes que ridicules du dessin animé « Moi moche et méchant ».

Sa musicalité est colorée, joyeuse, mais ses textes explorent toujours des sujets forts. La musique est l’outil de son combat, et il s’en sert merveilleusement bien. 

 

Son style vestimentaire n’est pas non plus laissé au hasard, Chico César c’est aussi une gueule ! Des vêtements criards, un large afro souvent décoré de fleurs, l’artiste ne laisse rien au hasard, tout porte une signification et reflète son engagement, aussi bien politique que pour la vie elle-même. Amoureux du public, de la poésie et de la musique, Chico César est un artiste passionné et passionnant. 

Chico César, de la musique à la gestion culturelle du pays

 

Homme engagé et trépignant, il n’est pas surprenant que Chico César ait pris part à la vie politique du Brésil. Dès 2009, il devient président de la Fondation Culturelle de João Pessoa, puis devient en 2010 Secrétaire d’État de Paraíba. Avec les élections présidentielles brésiliennes récentes, et le retournement politique actuel, son nom a même été considéré par le président Lula pour le poste de ministre de la Culture du Brésil. Il a gentiment décliné l’offre en prenant partie pour les autres nommés au poste.

Céu, l’étoile de la musique brésilienne moderne

Céu, chanteuse brésilienne

Chanteuse et compositrice brésilienne, Céu, de son vrai nom Maria do Céu Whitaker Poças, n’a pas fini de faire parler d’elle. Sa voix douce, lunaire et légère rend toutes ses productions absolument délicieuses. Samba, MPB et RnB, ses chansons mêlent avec finesse diverses influences brésiliennes et internationales. Et le résultat est bluffant. Céu est une artiste très attachée aux sensations et sentiments. Amoureuse de la poésie et du groove, elle sublime les émotions avec style. Céu n’est pas qu’une chanteuse, c’est tout un univers, et la visite vaut le détour ! 

no nossa língua a saudade existe (dans notre langue, la nostalgie existe)

Son père est compositeur, sa mère artiste plasticienne. Céu grandit entourée d’art à Sao Paulo, étudie la musique sous toutes ses formes, puis part vivre à New-York à 17 ans. Après une flopée de petits boulots, elle rencontre Antonio Pinto, qui produira avec Beto Villares le premier disque de Céu. Ce premier album se nomme Céu (ciel) et compte 15 chansons. Elle écrit et compose 12 de ces titres, un joli travail pour une artiste si jeune. 

Quand l’international ouvre les portes de la scène musicale du Brésil 

 

Ce premier album sera lancé au Brésil, puis dans d’autres pays d’Amérique latine avant de faire son entrée aux Etats-Unis. C’est grâce à un programme international sponsorisé par la marque Starbuck que le succès se fait ressentir pour la jeune chanteuse. 30 000 disques vendus en seulement deux semaines, une belle performance, surtout lorsqu’on sait que c’est la première artiste étrangère à participer à ce programme. 

Par la suite, elle enchaîne les projets et s’intéresse notamment au cinéma. Elle sera choisie pour interpréter la bande originale du feuilleton Pé na Jaca, avec sa chanson Lenda qui génère un grand succès dans tout le Brésil. 

En 2005, elle est nommée par la magazine Les Inrockuptibles comme l’une des 5 révélations de l’année. Son premier album cartonne, Céu devient une artiste reconnue dans le monde de la musique au Brésil. Elle est même récompensée aux Grammy Awards en 2007.

Par la suite, elle enchaîne les projets et s’intéresse notamment au cinéma. Elle sera choisie pour interpréter la bande originale du feuilleton Pé na Jaca, avec sa chanson Lenda qui génère un grand succès dans tout le Brésil. 

Céu : reine de la musique au Brésil n’oublie pas ses racines ! 

Aujourd’hui considérée comme l’une des plus belles voix du Brésil, Céu a souhaité rendre hommage à ses maîtres à travers son dernier album, Um gosto de sol. Composé de reprises des plus grands chanteurs et compositeurs brésiliens et internationaux, Céu revisite ses propres racines en y ajoutant sa fraîcheur et sa sensibilité. De la samba traditionnelle au mouvement tropicaliste des années 60, elle parcourt l’Histoire musicale du Brésil et des Etats-Unis avec grâce, et honore son héritage artistique de la plus belle façon qui soit. De Rita Lee à Joao Gilberto en passant par les Beasties Boys, l’album consacre l’éclectisme des inspirations de la chanteuse. C’est une prouesse d’inventivité, un véritable plaisir à écouter. 

 

Chico César et Céu sont deux artistes de la scène brésilienne à connaître absolument. La musique du Brésil ne manquera pas de vous émouvoir et de vous faire voyager, même depuis chez vous. 

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