Chirurgie plastique au Brésil

Sujet délicat à aborder en France et en Europe, voire tabou, la chirurgie plastique est totalement passée dans les mœurs au Brésil. Plus même : c’est quelque part la recherche d’une meilleure acceptation de son corps. Dans un pays où le culte du corps est un art de vivre, la plupart des Brésiliennes, et depuis quelques années des Brésiliens, considèrent cette pratique comme définitivement indispensable au plein épanouissement de leurs formes. Du corps, on est passé au culte de la chirurgie esthétique. Tout ceci n’aurait cependant jamais été possible sans l’homme qui fit tout basculer dans les années soixante.

La légende de la chirurgie esthétique Brésilienne: Ivo Pitanguy

Formé dans les années quarante à l’université de médecine de Rio de Janeiro, puis aux Etats-Unis ainsi qu’en France, Ivo Hélcio Jardim de Campos Pitanguy se spécialisa dès les années cinquante dans la chirurgie réparatrice, avant de découvrir la chirurgie plastique faciale. Son nom fut connu à l’échelle nationale lorsqu’à la suite d’un incendie dévastateur à Rio au début des années soixante, il répara bénévolement plus de 500 visages défigurés par la morsure des flammes. Il ouvrit dans la foulée sa propre clinique en 1963, ainsi qu’une école de chirurgie plastique qui depuis accueille des centaines de chirurgiens venus du monde entier pour se spécialiser dans cette discipline.

Outre ses techniques éprouvées privilégiant des résultats « naturels », Pitanguy se rendit célèbre et respecté grâce à sa volonté de rendre accessible à tous les services de la chirurgie réparatrice. Il la rendit gratuite dans l’hôpital Santa Casa da Misericordia où plus de 1500 patients sont opérés chaque année. Le « Pelé du scalpel » contribua également à sa notoriété personnelle grâce à l’enseignement réputé qu’il prodigua aux praticiens venus apprendre au Brésil, ainsi qu’à la fréquentation de clients célèbres comme François Mitterrand, la duchesse de Windsor, Malcom Forbes, Mick Jagger ou Niki Lauda. Disparu en 2016, Ivo Pitanguy laisse une œuvre immense ainsi que des découvertes et mises au point de techniques réparatrices, comme la plastie des fesses, dont des milliers de gens bénéficient.

Au Brésil, le culte du corps est devenu abordable

Les habitants du Brésil vivent dans un pays chaud où les corps sont beaucoup plus exposés aux regards que sous nos contrées : dans la rue, dans les discothèques et évidemment sur les plages. Il fut un temps, il y a quelques décennies, où les Brésiliennes étaient bien obligées d’accepter le surcroît de cellulite, les seins tombants où le petit pneu enrobant leur jolie taille. Le bon docteur Pitanguy étant passé par là, il est désormais hors de question d’aller exhiber au sable et aux embruns un corps dont les formes ne sont pas, sinon parfaites, du moins harmonieuses.

Là où en Europe les gamines réclament à leurs parents le dernier téléphone portable, les adolescentes de Rio, São Paulo ou Curitiba, se font offrir les soins esthétiques nécessaires à la perfection de la grâce de leurs courbes ! Liposucions, implants mammaires, ou ostéoplastie (recollage des oreilles) sont devenues des cadeaux d’anniversaires très prisés pour les 15-18 ans. Bien entendu, les classes les plus fortunées accèdent plus volontiers aux souhaits de leur progéniture. Mais, grâce à des crédits ou des paiements étalés, la chirurgie esthétique gagne progressivement (presque) toutes les couches de la population brésilienne. Et les ados sont loin d’être les seules à profiter : environ 25% des habitants de ce vaste pays a recours aux soins des rectifieurs de fesses, seins, oreilles et autres nez, soit une évaluation à la hauteur de 50 millions d’individus !

Le sujet est très facilement abordé dans les discussions et il n’est pas rare qu’une ex-patiente montre ses minimes et mignonnes cicatrices à des amies désireuses de savoir dans quelle clinique aller. Car là réside une partie du succès de la chirurgie esthétique au Brésil : le travail bien accompli est gage de bonne publicité pour les futures clientes. Le choix est évidemment d’importance si on veut être bien traitée et éviter des complications dues à une opération mal menée dans un environnement insuffisamment adapté aux normes sanitaires exigées.

Des pratiques encadrées et variées pour des besoins différents

A la suite de celle d’Ivo Pitanguy, de nombreuses cliniques privées ont ouvert dans les grandes métropoles du pays, et toutes possèdent leur site Internet où tout un chacun peut choisir son opération, son chirurgien et faire établir un devis. Il est fortement conseillé de choisir une clinique affiliée à la SBCP (Sociedade Brasileira de Cirurgia Plastica) qui garantit un respect des normes sanitaires en vigueur et un travail bien réalisé. Attention au mirage des opérations à « prix cassés » qui peuvent s’avérer dramatiques par la suite ! Comme partout, il y a dans ce milieu des gens peu scrupuleux qui ont, hélas, pignon sur rue grâce aux réseaux sociaux ou à une médiatisation bien maîtrisée.

Comme on l’a vu plus haut avec certains patients célèbres, la clientèle ne se limite pas aux femmes, ni aux Brésiliennes. Les hommes ont également recours à la chirurgie esthétique pour le nez, les oreilles, mais aussi la réduction artificielle des volumes mammaires – sujet très sensible chez les hommes au Brésil – ainsi que la liposuccion des graisses abdominales. A la différence notoire des femmes, ces messieurs ont plus tendance à garder secret ces transformations.

Chez les femmes, un fessier ferme et harmonieux reste un must, ainsi que des seins de jolies dimensions. Mais là-aussi les choses évoluent et la mode revient aux poitrines plus modestes, mais de belle facture, pour oublier certains excès des années quatre-vingt ou quatre-vingt-dix. La maîtrise des techniques et la libéralisation des actes ont également amené récemment les praticiens à proposer de nouvelles interventions sur des organes plus discrets : chez les Brésiliennes de plus de quarante ans, le « rajeunissement du vagin » (vaginoplastie) est une opération assez en vogue depuis quelques années ! Certains traitements offrent de leur côté une cure régulière de Botox à petite dose dès la vingtaine d’années pour combattre le vieillissement de façon plus douce sur le long terme, plutôt que d’attendre quarante ou cinquante ans pour entreprendre un lourd et pénible ravalement.

La chirurgie esthétique au Brésil: entre dépendance et orgueil national

Tout cela amène forcément à se poser de légitimes questions sur cette folie de la chirurgie réparatrice et des inévitables excès qu’elle peut entraîner. Malgré le fait que le Brésil demeure le pays où cette spécialité est la plus demandée par les internes (car la plus rémunératrice), certaines cliniques ont mis sur pied des programmes d’études psychologiques destinés à situer chez leurs patients ceux qui ont véritablement besoin d’une intervention et, a contrario, ceux qui ont une vision addictive de la chirurgie esthétique et qui souffrent d’une mauvaise images d’eux-mêmes. Ces hommes et ces femmes seront alors orientés vers le divan d’un psychologue plutôt que vers la table d’opération.

La chirurgie esthétique au Brésil bénéficie au final d’une excellente image dans le pays et à l’étranger, valorisée par des techniques et des équipements dernier cri. Un voyage dans ce pays décidément si surprenant peut donc s’envisager sous le double angle de la découverte d’une région ainsi que de soins réparateurs d’un corps ne répondant plus tout à fait au bonheur personnel.

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