Les religions syncrétiques de l’Ayahuasca, une spécificité brésilienne

Sujet sensible s’il en est de par la différence de points de vue selon qu’on est d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, le chamanisme fait parti des religions pleinement acceptées au Brésil. Ses communautés, principalement le Santo Daime et l’União do Vegetal (UDV), sont parfaitement intégrées, et la consommation de l’Ayahuasca nécessaire à sa pratique ne pose plus problème dans le plus grand état de l’Amérique du Sud. Ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs.

Le Santo Daime, comme l’UDV qui en découle, puise ses racines (c’est le cas de le dire) dans l’histoire millénaire des montagnes des Andes et des pays voisins que sont le Pérou, la Colombie et le Venezuela. La pratique s’est installée au Brésil  tout naturellement chez les indigènes en forêt amazonienne il y a des milliers d’années puis a gagné les descendants des colons installés sur place. Dans ces religions, des prêtres-chamanes  se servent de l’Ayahuasca (« Liane amère » ou « liane des morts », voir « liane-mère » selon les interprétations), une décoction hallucinogène, comme sacrement pour faire entrer en transe les fidèles durant des cérémonies syncrétiques mêlant christianisme et rituels païens.

Outre ses propriétés psychotropes, l’Ayahuasca est un puissant purgatif et vomitif destiné à purifier les corps souillés pour les indigènes locaux. Il fut découvert par les européens au milieu du XIXe siècle grâce à un explorateur anglais, Richard Spruce. L’étude des textes semble indiquer que l’Ayahuasca était consommé dans les Andes il y a 4000 ou 5000 ans ! Ce n’est que bien plus tard, dans les années cinquante en France, que la composition chimique de l’Ayahuasca fut découverte : c’est l’association d’un alcaloïde, le DMT (N-diméthyltryptamine) contenu dans une plante locale , le plus souvent la chacruna (Psycotria Viridis) avec une liane (Banisteriopsis Caapi). Ce breuvage prend autant de noms différents que de régions dans lesquelles cette tradition est pratiquée, dont celui de « Caapi », ou de Santo Daime qui a ainsi donné son appellation à ce syncrétisme au Brésil.

Le chamanisme moderne du Brésil

Le Santo Daime au Brésil

Le mouvement fut créé en 1930 par un ancien extracteur de caoutchouc en Amazonie, Raimundo Irineu Serra, qui aurait rencontré dans les années vingt des chamanes indiens l’ayant initié à la pratique de l’Ayahuasca. Appelé également Mestre Irineu, il réussit à rallier autour de lui des gens venus d’horizons différents mais se retrouvant tous dans la célébration du Santo Daime. A sa mort en 1972, son successeur, Sébastião Mota de Melo, fonda la communauté daimiste « Colônia Cinco Mil » à Rio Branco dans l’état d’Acre, avant de revenir aux sources du mouvement en Amazonie, où le gouvernement leur confia la protection de deux réserves forestières naturelles. On touche là à la reconnaissance officielle du mouvement.

L’emploi d’une substance hallucinogène dans une communion souleva naturellement des questions, surtout de la part de l’église. Des études furent conjointement menées par le Bureau fédéral des narcotiques, le Conseil National Anti-Drogues ainsi que par le Ministère de la Santé, recherches qui débouchèrent sur la conclusion que l’absorption d’Ayahuasca n’était en rien nuisible à la santé. Des membres du mouvement União do Vegetal, utilisant le même breuvage Ayahuasca, se prêtèrent même à des études approfondies dont les résultats ne laissèrent planer aucun doute, en tout cas au Brésil : les gens ayant pris, ou prenant, de l’Ayahuasca montraient des signes positifs dans leur comportement quotidien, notamment au niveau psychologique grâce à une confiance accrue, une anxiété diminuée et une baisse des symptômes négatifs psychologiques.

Le fait en outre que des scientifiques, médecins, psychiatres, psychologues, soient adeptes du Santo Aime ou de l’UDV porta crédit à ces recherches. Toujours est-il que le Santo Daime fut autorisé en 1972 (pourtant en pleine dictature) et la pratique de cette religion réitérée par un texte de loi en 2010.

Une pratique religieuse interdite en France 

Cette acceptation ne fut pas du goût de tous les gouvernements, notamment de la France. Suite aux demandes d’adeptes français de légaliser la pratique du Santo Daime dans l’Hexagone, l’Ayahuasca ne fut pas déclarée immédiatement illégale, mais une étude approfondie des autorités sanitaires françaises amena le gouvernement à l’interdire en 2005 sur tout le territoire, la classant irrémédiablement dans le tableau des produits stupéfiants. Un recours fut rejeté au tout début de 2008.

La tentation est donc grande pour certains de tenter l’expérience lors d’un voyage au Brésil (ou au Pérou). Même s’ils le furent en quantité minime, des cas de surdose fatale sur des touristes furent rapportés dans les années récentes. Inaccoutumance vis-à-vis d’un produit de toute évidence pas anodin ? Mauvaise « marchandise » fournie par des escrocs se faisant passer pour des chamanes ? Les possibilités d’accident existent bel et bien. Nous ne pourrons donc qu’inciter les voyageurs à la prudence, tout en sachant que cette pratique est courante dans les pays concernés, et que beaucoup de témoignages de gens ayant été bien accompagnés décrivent a contrario une expérience enrichissante.

 

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