La religion Afro-brésilienne née de la rencontre entre les cultures africaines, européenne et amérindiennes

Aux côtés des deux grandes religions monothéistes que sont le catholicisme et le protestantisme, une autre voie spirituelle est activement fréquentée par les Brésiliens, le Candomblé. Bien moins définie dans ses « frontières » que les deux susnommées, ce syncrétisme fait appel à des réminiscences africaines mixées à certains rites du christianisme.

Le Candomblé est un curieux mélange entre les croyances chrétiennes des colonisateurs portugais et les rites africains des esclaves amenés de force au Brésil du XVIe au XIXe siècle, date de l’abolition de l’esclavage dans le pays. Il est également pratiqué sous d’autres formes dans certains des pays voisins comme l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine ou le Venezuela. Mais c’est au Brésil qu’il prend toute sa dimension historique.

Dénombrer précisément le nombre de pratiquants du Candomblé est relativement difficile de par la porosité vers, ou depuis, d’autres religions (beaucoup de catholiques reconnaissent pratiquer le candomblé), mais on estime à environ 3 millions le nombre d’adeptes au Brésil, soit 1,5% de la population globale. C’est en tout cas l’une des croyances populaires les plus fortes actuellement dans le pays et elle touche toutes les couches sociales. Elle comporte en outre des rites basés sur la fête, la danse et la musique, ce qui convient parfaitement à un peuple qui n’est pas le dernier à entrer en liesse pour les grandes célébrations, qu’elles soient religieuses ou autre.

Le Candomblé au Brésil

Une croyance plus ou moins tolérée

Lors de la traite esclavagiste, les africains amenés de force par les négriers sur les terres nouvelles du Brésil combattaient leur peur en se réfugiant dans la pratique de leurs croyances ancestrales. Croyances bien entendu officiellement bannies par les colonisateurs, que les esclaves dissimulaient sous une fausse adoration des saints chrétiens. D’où ce mélange originel.

Ces vénérations permettaient aux opprimés de maintenir un lien ténu avec leur passé africain, de soutenir le moral de la collectivité, et en même temps de rester solidaires face à l’âpreté de leur condition et à la dureté de leurs maîtres. Maîtres qui étaient malgré tout assez gênés pour condamner brutalement ces pratiques : ils avaient un besoin vital du travail de leur main d’œuvre captive et, lorsqu’ils leur arrivaient de surprendre certaines cérémonies – en théorie interdites – ils faisaient plus ou moins semblant de croire en des fêtes bon enfant !

L’économie du Brésil étant basée sur le rendement des propriétés de ces colons esclavagistes, les autorités n’avaient donc aucun intérêt à réprimer violemment ces rites, ce qui explique la relative bienveillance dont le candomblé bénéficia au travers des siècles. Quant à l’église, même si elle condamnait ouvertement ces croyances impies, elle ne pouvait que suivre la voix du marché d’alors, ouvertement dépendante qu’elle était des grands propriétaires terriens.

Malgré son interdiction théorique par l’église et, dans les années soixante et soixante-dix, par la dictature, le candomblé a doucement progressé dans la société brésilienne, jusqu’à être désormais officiellement autorisé et protégé. Certains lieux de culte, les « terreiros » (maisons, estimées à 2250 dans le pays) reçoivent même une subvention gouvernementale.

Le candomblé reste évidemment mal vu par l’église, mais aussi par les télé-évangélistes et autres prédicateurs qui l’accusent de « marcher sur leurs plates-bandes ». De fait, il a très fortement imprégné la culture populaire, surtout à Salvador de Bahia qui était un des plus grands ports de débarquement des esclaves. Ce n’est pas un hasard si une des plus grandes célébrations du candomblé, la fameuse Festa do Bonfim, se déroule dans cette vaste cité océane.

Multiplicité des Candomblés

Il existe plusieurs candomblés au Brésil, originaires des différents pays d’Afrique d’où étaient amenés les esclaves autrefois. Premier Candomblé instauré au Brésil, celui des Bantous (ou Umbanda) a dominé jusqu’au XIX siècle. Le Dahomey a également induit un candomblé, mais le plus célébré est celui du Nigeria, provenant de l’ethnie Yoruba. C’est de ce syncrétisme qu’est apparue la lignée des prêtres et prêtresses du Candomblé, les « pai et mãe-de-santo », que l’on consulte comme on pourrait aller voir un guérisseur ou une voyante.

Le Candomblé est le culte de divinités d’origine totémique et familiale, les orixás, chacun rattaché à un élément naturel comme le feu, la terre, les rivières, la mer, etc. Chaque orixá est caractérisé par un ensemble de couleurs, et d’objets qui le représentent. C’est une force immatérielle présente dans la nature, et chaque être humain est choisi par un orixá à la naissance, qui sera plus tard identifié lors d’une cérémonie par un prêtre. Lors de certaines cérémonies, on peut a contrario faire entrer un orixá dans le corps d’un être humain au travers un rite d’initiation.

Organisation et hiérarchisation du candomblé

Les invocations se font au travers d’incantations (généralement dans la langue Yoruba), d’offrandes, de chants et de danses, d’où le côté très festif de la cérémonie. Contrairement aux idées reçues, le candomblé est une religion monothéiste, seuls changent le nom des divinités en fonction de leur pays d’origine. On estime à seize le nombre de divinités principales honorées dans les grandes villes brésiliennes.

Lors des cérémonies, les orixás sont appelés à entrer dans les terreiros par les chants et la danse, mais aussi grâce aux herbes sacrées et à la nourriture, chaque orixá ayant une nourriture qui se rapporte à lui. A Bahia par exemple, ville à la cuisine et aux saveurs réputées, tous les plats à base d’huile de palme (dendê) tel que la Moqueca sont des mets sacrés du candomblé.

Comme toutes les religions, le candomblé n’échappe pas à la tutelle de la hiérarchie. Il existe sept stades, ou degrés, allant du simple novice (Abiâ) au chef de terreiro (Babalorixa). Ce dernier est le seul apte à prendre une décision, personne ne pouvant agir de son propre chef sans en avoir référé à lui au préalable. Comme tout dignitaire, il connait les écritures sacrées et régit les cérémonies.

Le candomblé fait partie intégrante des mœurs de toute la population. Les Brésiliens vont faire des offrandes à Iemanja, la déesse de la mer lors de grandes cérémonies le 31 décembre à Rio ou le 2 février à Bahia, ou se faire lire l’avenir grâce aux buzios, la divination par les coquillages. Tout le monde ou presque connaît son orixá et c’est cette présence surnaturelle protectrice qui poussent les Brésiliens, quel que soit leur origine et leur niveau social, à s’attacher à ces rites mystiques qui remontent à leurs lointains ancêtres venus de l’autre côté de l’océan Atlantique.

 

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