La samba, ou le morceau d’Afrique au Brésil

Musique de fête par excellence, la samba peut être considérée comme l’incarnation de la musique brésilienne. Universellement connue de par le monde, elle est l’expression parfaite de l’exubérance d’un peuple métissé entre ses racines européennes et africaines, Afrique où la samba puise ses racines les plus profondes. Véritable institution, la Samba a sa journée au Brésil.

On peut quelque part dire que la samba a débarqué au Brésil avec les esclaves importés d’Afrique. Son rythme endiablé est effectivement issu des danses tribales que ces peuples déracinés pratiquaient dans ce Brésil qu’ils n’avaient pas choisi pour maintenir vivantes leurs traditions. Elle est essentiellement basée sur des percussions, même si des instruments d’harmonie l’accompagnent. Selon les versions, le mot même de « samba » viendraient des expressions « gaieté »  ou bien « excité ». Ce qui convient parfaitement à cette musique – et la danse qui va avec – rapide et syncopée.

 Samba la musique de l’âme du Brésil

La samba, la musique brésilienne venue de Rio

Historiquement, la samba est née au tout début du XXe siècle sur les docks du port et dans les rues des quartiers pauvres de Rio de Janeiro. Les descendants des esclaves y étaient évidemment nombreux, travaillant aux tâches les plus dures et habitant les favelas. Uniquement basée sur des percussions à l’origine (instruments rudimentaires que l’on pouvait fabriquer soi-même), elle fut progressivement enrichie par la guitare et le cavaquinho (sorte de petite guitare à quatre cordes venue du Portugal), pour bénéficier dans les années récentes de cuivres, et enfin d’instruments synthétiques.

Musique à l’origine associée à une danse jugée violente et obscène par la bonne société brésilienne à cause de sa connotation sexuelle, la samba se popularisa à tout le pays et acquit petit à petit droit de cité : elle devint dans les années trente la musique officielle du carnaval. Au début, les gens défilaient sur son rythme sans costumes, mais en groupes appelés Blocos. Bientôt vont éclore dans Rio les écoles de samba qui vont avoir toutes leur uniforme particulier puis, avec l’avènement des sonos modernes et d’un carnaval institutionnalisé, des costumes plus chamarrés les uns que les autres.

Le temps de la reconnaissance

La musique en elle-même acquit ses premières lettres de noblesse avec un enregistrement officiel datant de 1916, Pelo telefone. Cette chanson gentiment rythmée, écrite par Mauro de Almeida et Ernesto Joaquim Maria dos Santos – alias Donga, qui la chante sur cet enregistrement, deviendra un standard souvent repris, la plupart du temps de façon bien plus endiablée.

Des compositeurs comme Heitor dos Prazeres, Ismael Silva ou Alfredo da Rocha Viana, dit « Pixinguinha » popularisèrent ce rythme nouveau au cours des années vingt et trente. Pixinguinha l’éleva au rang de musique grâce à son excellente connaissance de la musique classique ainsi que du jazz. Ismael Silva créa, lui, la première école de samba à Río de Janeiro, école qui va transformer le genre pour l’adapter aux défilés du carnaval.

La radio comprit vite l’importance de cette musique nouvelle et entraînante, et la diffusa largement sur les ondes, la rendant ainsi populaire dans tout le pays. Dans ces mêmes années trente, le dictateur populiste brésilien Getulio Vargas alla même, durant son Estado Novo, jusqu’à proclamer la samba « musique officielle du Brésil ». Habile manœuvre politicienne pour rallier les voix des déshérités, diront certains, mais le fait était établi une bonne fois pour toutes.

Immortelle samba

C’est dans cette période d’avant-guerre que l’aura de la samba va déborder des frontières du Brésil, grâce aux nouveaux moyens de communication, dont le cinéma. L’actrice brésilienne d’origine portugaise Carmen Miranda va être le chantre de cette musique si particulière grâce à ses disques vendus par millions de par le monde et ses films hollywoodiens (elle était surnommée la « bombe brésilienne ») dont le plus célèbre, Copacabana en 1939, la met en scène interprétant le fameux Tico, tico no Fubà (dans lequel les cinéphiles reconnaîtront au détour d’un plan furtif un facétieux Groucho Marx « invité » et subjugué par la brune incendiaire).

 

Dans les années soixante, la flamme de la samba vacilla face au vent nouveau de sa « fille » la Bossa Nova, plus prisée par les milieux intellectuels et courtisée par les jazzmen. Dans les années soixante-dix, la samba revint au premier plan sur les radios grâce à des chanteurs et chanteuses comme Martinho da Vila, Clara Nunes ou Beth Carvalho. Même si par la suite, le disco américain détourna les jeunes d’une musique jugée démodée, celle-ci resta l’étendard des fêtes et carnavals. Elle se danse à deux, mais aussi en solo, grand avantage qui permet toutes les excentricités, que ce soit sur les gradins des sambodromes, des stades de football ou des circuits automobiles.

Chahutée au gré des successifs mouvements musicaux innovants, mais jamais éteinte, la samba s’affiche malgré tout comme la représentation ultime de la musique brésilienne. Elle peut être considérée en outre comme la mère de beaucoup des musiques populaires du Brésil, bossa nova, batucada, samba-reggae ou samba-rock.

Tous les grands chanteurs populaires, de Gilberto Gil à Daniela Mercury en passant par Milton Nascimento, Jorge Ben, Chico Buarque, Toquinho ou encore Caetano Veloso ont fait leurs classes avec la samba. Grâce à son rythme binaire syncopé au deuxième temps fortement appuyé et à ses mélodies simples, elle est le mode d’expression le plus accessible pour un peuple au sang chaud prompt à faire la fête à la moindre occasion. En cela, elle demeure immortelle. Certains diront : la samba est l’âme du Brésil.

 

 

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