Celui qui représenta l’espoir pour les déshérités et démunis brésiliens en devenant le premier président de gauche élu en 2002 veut revenir au pouvoir lors des élections de 2018. Luiz Inácio Ferreira da Silva, dit « Lula », a pour cela engagé une grande campagne qui doit sillonner tout le pays. Mais Lula pourra-t-il se présenter ? La justice semble en avoir décidé autrement suite aux diverses poursuites engagées contre l’ancien président. Y-a-t-il un mystère Lula ?
« Le Brésil a besoin de Lula ». Ce message est martelé depuis cet été par le septuagénaire à l’œil toujours vif et à la parole forte. Selon lui, le pays est « soumis à des personnes qui n’ont jamais été capables de gouverner ». Lula, qui a déjà exercé deux mandats à la tête du Brésil entre 2003 et 2011, est fermement décidé à se battre contre les forces qui veulent « le faire taire » : sous-entendu les partis conservateurs, et les juges qui l’ont condamné à 9 ans et demi de prison pour une affaire de corruption et pots-de-vin dans l’affaire Petrobras.
Lula a fait immédiatement appel, arguant être « victime des élites », et reste donc en liberté. Mais sa situation reste précaire car son innocence dans ce qui constitue quand même un des plus gros scandales financiers de ces dernières décennies au Brésil est encore loin d’être prouvée. Et son aura personnelle est fortement écornée, même chez ses plus fidèles partisans.
L’élection de Luis Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil le 27 octobre 2002 avait causé un grand émoi dans le pays : d’un côté, l’immense espoir dans les couches populaires et miséreuses de voir enfin un président de gauche se pencher sur leurs problèmes ; de l’autre, une colère sourde de la part des classes dirigeantes qui voyaient d’un très mauvais œil cet ancien métallo prendre en main les rênes de la nation. Le compte à rebours souterrain qui devait amener tôt ou tard le représentant des pauvres sur les bancs de l’infamie fut-il enclenché à ce moment précis ? C’est possible. Toujours est-il que le président Lula dut se battre contre des gens dont la mentalité était ancrée depuis toujours dans le credo indiscutable que le pouvoir ne devait jamais leur échapper.
Première présidence de Lula
D’extraction extrêmement modeste, le petit Lula (diminutif affectueux de Luiz) est confronté très tôt au monde rugueux du travail : vendeur de rue à 10 ans, ouvrier métallurgiste à 16, il doit s’adapter au rythme trépidant des durs labeurs, où le repos est compté et l’erreur interdite : une inattention sur une machine-outil lui coûtera un doigt !
Le train des glorieuses années de l’économie dans les années soixante passe par le Brésil, mais laisse les petites gens sur le quai. Les militaires ont pris le pouvoir et donnent au monde l’image faussement rassurante d’un pays en plein essor. Lula a conscience de la faiblesse de la classe ouvrière et prend la parole. Sa prestance, ses talents d’orateurs le font vite remarquer des dirigeants syndicaux qui lui offrent en 1975 la présidence du syndicat de la métallurgie.
Ses prises de positions et son radicalisme ne peuvent que déplaire au pouvoir en place qui l’envoie à plusieurs reprises goûter du confort des prisons gouvernementales. A chaque fois libéré, à chaque fois encore plus convaincu du combat qu’il doit livrer pour donner la parole aux exploités et aux pauvres gens.
En 1980, il décide de franchir le pas vers la politique en fondant le Parti des Travailleurs, au moment même où un autre syndicaliste acharné fait entendre au monde entier depuis sa Pologne natale la voix de ceux qui demandent plus d’écoute et d’attention. En accédant plus tard à la fonction suprême, Lula et Valesa deviendront, chacun à leur manière, l’incarnation de la volonté d’affirmation des gens de peu, mais sûrs de leur bon droit.
Si Lech Valesa se révèle un leader ouvrier relativement modéré, gagnant ainsi l’élection présidentielle de 1990 en Pologne, Lula a, lui, un côté nettement plus radical, ses prestations exaltées, le cheveu en bataille et la barbe fournie, en attestant. Est-ce là la raison de trois défaites successives à l’élection présidentielle, une fois celle-ci réinstallée à la fin de la dictature militaire ? Un peu court comme explication, mais il est certain que pour conquérir le pouvoir, Lula ne doit pas entraîner derrière lui que les miséreux et les défavorisés ; il doit également séduire une partie de la population dite « moyenne », voire aisée, et pour cela, paraître plus consensuel. Même s’il a soigné son apparence en coupant ses cheveux, en taillant sa barbe, et même en se faisant refaire une partie des dents (à l’instar de ce que François Mitterrand, autre grand compétiteur politique s’il en est, accepta de faire en 1974), Lula échoue en 1989, 1994 et 1998. Ce n’est qu’en 2002 qu’il touche enfin au but.
Les résultats controversés de la politique Lula
Lors de sa prise de fonction à la tête du pays en janvier 2003, Lula est confronté au dilemme qui accueille tous les hommes politiques qui ont beaucoup promis, surtout à ceux qui ont énormément attendu : satisfaire les électeurs tout en n’effarouchant pas les grandes instances mondiales dont dépend l’économie de leur pays. Le Brésil ne fait pas exception et le nouveau « président des pauvres » doit donc donner des gages de bonne conduite financière au FMI afin d’attirer les investisseurs étrangers au Brésil, avant de songer à entreprendre le début du commencement de ses promesses. Ce qui va amener les premiers mouvements populaires de contestation, les « Sans toit » et « Sans terre », qui trouvent naturellement que le président renie sa parole.
Pourtant dès 2004, Lula fait construire des « pharmacies populaires » dans tout le pays, donnant accès à tous aux médicaments de base, chose inimaginable sous les gouvernements précédents. Il relance l’alphabétisation, la vaccination, entreprend de gros travaux de mise aux normes sanitaires des favelas (près de 50 % des habitations au Brésil ne sont pas raccordées aux égouts à cette époque) et, en cela, devient très populaire dans les zones urbaines. Il obtient moins de crédit chez les ruraux avec l’autorisation donnée à la construction de barrages entrainant une déforestation partielle, mais bien réelle.
Ses thuriféraires vantent son action sociale en faveur des plus démunis, ses détracteurs ses dépenses publiques inconsidérées et son affairisme intéressé. Antienne mainte fois entendue partout où l’idéalisme se heurte au conservatisme. Comme souvent, le curseur de la vérité est à placer quelque part entre les deux pôles, et rien n’est entièrement tout noir ou tout blanc.
S’il n’y avait « que cela » à placer dans son bilan, Luiz Inácio Ferreira da Silva pourrait voir venir 2018 avec une certaine confiance : il reste en tête des sondages. Mais il y a ces affaires et cette condamnation qui pourraient lui coûter bien plus qu’une simple élection. Et, paradoxe de ce pays si complexe : trois Brésiliens sur quatre estiment que Lula est corrompu !
Le versant sombre des années Lula
L’ex-président a été reconnu coupable par le Tribunal Suprême Fédéral (TSF) d’avoir reçu plus de 3,7 de réais (1 million d’euros) pour avoir favorisé des contrats entre une entreprise d’ingénierie, OAS, et la compagnie nationale des pétroles et carburants, Petrobras. Petrobras qui est au centre d’une énorme affaire de surfacturation avec des entreprises du bâtiment, surfacturation au profit de différents partis politiques évaluée par la police financière à l’équivalent de 12 milliards d’euros ! C’est donc l’état qui est principalement visé, et dans la foulée des sénateurs, des députés, des ministres, et trois anciens présidents : Roussef, Cardoso … et Lula.
Le scandale est bien évidemment énorme, et la personne de Lula cristallise à elle seule la désillusion de beaucoup de Brésiliens – pas seulement de gauche – qui croyaient à un président intègre. Mais il ne faut pas s’y tromper : au-delà du cas Lula, c’est tout le fonctionnement de la société économique brésilienne qui est en cause. Innocent ou pas, Lula a certainement du composer avec toutes les constantes de son pays– comme tant d’autres avant lui – et pas forcément des plus reluisantes. Quoi qu’il en soit, s’il l’appel confirme la sentence du tribunal, le « président des pauvres » devra en répondre devant son pays, et oublier à jamais le rêve d’un glorieux retour au Palácio da Alvorada.
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Top 10 – Les plus belles chansons brésiliennes
Par Tom Lalanne . 12 septembre 2017
Le Brésil rayonne dans le monde entier avec sa bonne humeur, sa musique et son goût pour la fête. On pense au carnaval, à la Bossa Nova et à des chanteurs comme Seu Gorge ou encore Gilberto Gil. Le pays de la Samba a fait naître beaucoup d’artistes.
Pour saupoudrer vos journées de ces sonorités communicatives, voici une sélection de 10 chansons brésiliennes qui vous donneront le sourire.
Domingos no parque (1967) – Gilberto Gil et Os Mutantes
Né à Salvador de Bahia en 1942, Gilberto se fait connaître dans le monde entier comme musicien de Bossa Nova. Il a également été ministre de la culture sous le gouvernement de Lula. Cette chanson raconte l’histoire d’une amitié entre José et Joao, deux garçons qui tomberont amoureux de la même fille. Lorsque José vit Joao avec sa bien aimée, il tua les deux par jalousie…
Boa Sorte (2007) – Vanessa da mata et Ben Harper
Originaire du Mato Grosso au Brésil, Vanessa Da Mata se fait connaître du monde entier grâce à cette chanson enregistrée avec Ben Harper. Boa sorte – bonne chance en portugais – est une séparation, la fin d’une histoire entre deux personnes qui se disent au revoir.
Aguas de Março (1974) – Elis Regina et Tom Jobim
Grand classique de la chanson brésilienne que vous avez peut-être entendu dans une autre version de Moustaki. Une jolie façon de décrire les changements de la nature à la fin de l’été. Belle écoute !
Nada Em Vão (2013) – Rodrigo Amarante
Originaire de Rio de Janeiro, Rodrigo Amarante a participé à différents projets musicaux au Brésil et aux Etats Unis. Ce flâneur vous envoutera en déversant ses pensées d’amour et de déprime sur sa guitare acoustique.
Velha infância (2002) – Marisa Monte, Carlinhos Brown et Arnaldo Antunes
Issu de l’album Tribalistas, cette chanson est une véritable déclaration d’amour. Le trio réussit parfaitement à nous charmer avec ses sonorités brésiliennes.
Amiga da minha mulher (2011) – Seu Jorge
Né dans une petite ville en périphérie de Rio de Janeiro, Seu Jorge est baigné dans la musique très tôt. Il quitta la maison à l’âge de 19 ans. Il a ensuite connu la rue mais aussi le théâtre. Aujourd’hui c’est un musicien et acteur brésilien reconnu au Brésil. Amiga da minha mulher – amie de ma femme en portugais – parle de la terrible tentation d’un homme pour l’amie de sa femme.
Changes, reprise de David Bowie (2005) – Seu Jorge
Une reprise magnifique d’un des plus grands artistes de ces dernières décennies. Seu Jorge nous transporte en reprenant les paroles de Changes en portugais. Il transforme une chanson rythmée en une berceuse. Et cela fonctionne parfaitement !
Mas que nada (1963) – Jorge BEN JOR
Jorge Ben Jor est un chanteur et compositeur brésilien né dans les années 40 à Rio de Janeiro, il fait maintenant parti du patrimoine culturel du Brésil. Cette chanson décrit son amour pour la Samba qui lui est si chère.
A Garota de Ipanema (1962) – Gal Costa
Chanteuse née dans les année 40, Gal Costa a marqué la musique populaire brésilienne notamment avec cette chanson écrite par Vinicius de Moraes – protagoniste important de la musique au Brésil -. Les paroles décrivent l’antinomie entre la beauté d’une fille sous le soleil de la plage d’Ipanema à Rio et la tristesse intérieure de cette dernière.
Ja sei namorar/Tribalistas (2002) – Marisa Monte, Carlinhos Brown et Arnaldo Antunes
Pour terminer cette sélection, une autre chanson de l’album Tribalistas mondialement connue mais qu’on ne se lasse pas d’écouter. Très belle journée brésilienne !
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3 fruits méconnus du Brésil aux vertus étonnantes
Par Léa Schoeny . 4 septembre 2017
On ne présente plus le fruit de la passion ou la noix de coco, fruits exotiques très appréciés en Europe. Mais connaissez-vous la pomme de caju, le guarana ou l’açaï ? Ces trois fruits originaires du Brésil sont dotés de qualités surprenantes, qu’il est rare de voir toutes rassemblées dans un seul aliment naturel.
Le caju ou pomme de caju
On connaît principalement la noix de cajou en Europe, qui est le fruit de la pomme de cajou (caju en portugais), enfermé dans une coque à son extrémité. Si l’amande comprend beaucoup de lipides, elle est recommandée en diététique car ils sont dominés par l’acide oléique qui diminue le taux de cholestérol. Cependant il faut bien sûr la consommer fraîche ou juste grillée, et non pas salée comme à l’apéro…
Le cajou, qui abrite la noix, est également très consommé au Brésil, pour ses apports nutritifs variés et très complets. En forme de poivron, à la couleur jaune ou rouge, il est le « faux-fruit » de l’anacardier, arbre originaire du Nordeste du Brésil, parce qu’il provient du pédoncule floral et non de celui de l’ovaire. Il contient trois fois plus de vitamine C que l’orange et est riche en antioxydants.
Les brésiliens raffolent du jus qu’offre la pomme de caju, acide et peu sucré, qu’ils utilisent même parfois comme substitut du citron dans les cocktails. On peut également la couper en fines tranches et la saler pour en réduire l’eau qu’elle contient, et profiter de ses notes de mangue et d’agrumes.
Guarana
Cette plante a été découverte dans la forêt Amazonienne il y a des milliers d’années par la tribu indienne Guarani, qui lui a donné son nom. Le guarana est connu pour ses vertus énergisantes et les populations locales continuent de la travailler traditionnellement pour en conserver ses propriétés naturelles. Sa teneur en guaranine, l’équivalent de la caféine, en fait sa réputation car elle serait environ 6 fois plus puissante que le café noir.
On aime alors le guarana pour ses bienfaits énergisants, mais pas seulement : il augmente la vigilance, permet de résister à la fatigue, renforce les capacités physiques, la résistance à la douleur, brûle les graisses ou encore stimule la mémoire. On comprend donc pourquoi les brésiliens en sont si friands !
Au Brésil on en trouve principalement sous forme de boisson énergisante mais également en poudre, en graine ou en gélule. Dans la rue, on vous prépare des smoothies dans lesquels il est possible d’ajouter du guarana en poudre pour profiter de ses vertus. En France il est difficile de s’en procurer ailleurs que sur internet, ou éventuellement sous forme de thé ou gélule dans les magasins bio.
L’açaï
Fruit de l’arbre du même nom ou du Palmier Pinot, comme il est appelé en Guyane française, l’açaï pousse principalement dans le nord de l’Amérique latine, et est très consommé au Brésil. Ce fruit, semblable aux myrtilles, a des propriétés extrêmement vertueuses.
Recommandé dans les régimes, sa chair pulpeuse et fine contient très peu de sucre et 50% de lipides, ce qui est rare dans un fruit. Elle apporte alors rapidement une sensation de satiété et retarde la faim. C’est aussi un excellent aliment face au cholestérol, il en réduit le mauvais pour en apporter du bon. Depuis les années 90 les adeptes de jiu-jitsu, sport de combat très répandu au Brésil, en ont également fait leur allié. L’açaï étant une source d’énergie naturelle, il accompagne maintenant la plupart des sportifs.
On le consomme souvent en smoothie, mais peut également accompagner la cuisine. En France, on trouve du jus d’açaï dans les magasins bio, et dans la plupart des grandes surfaces.
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La plage paradisiaque du Nordeste du Brésil
Par Léa Schoeny . 28 août 2017
Reconnaissable depuis l’océan, les premiers colons nommèrent cette petite bourgade Pipa – baril de vin en portugais – en référence à la forme de ses roches atypiques. Depuis, elle a su séduire de nombreux visiteurs avec ses plages paradisiaques, ses spots de surf et son ambiance décontractée. Si le village attire les touristes depuis plusieurs années, il conserve tout son charme naturel.
Une rencontre unique avec des dauphins
Ce qui rend le séjour exceptionnel à Pipa, ce sont toutes les merveilles qu’offre la nature. Ici, pas besoin de payer une excursion en bateau pour apercevoir les dauphins danser au grès de l’eau (même si bien sûr les locaux proposent ces prestations), il suffit juste d’ouvrir l’œil. Assis sur sa serviette au bord de l’océan, ou au cours d’une balade le long des falaises, les regards se tournent vers de petits ailerons qui font leur apparition à la surface de l’eau. On assiste alors à un des plus beaux spectacles naturels que proposent ces mammifères joueurs ! Sur la plage, les plus aguerris pourront même faire quelques brasses pour les observer de plus près.
A travers de nombreux itinéraires de randonnée le long des falaises, il n’est pas rare d’apercevoir des tortues. Entre novembre et mai, on peut même avoir la chance d’observer leur ponte sur les plages. Malgré l’intérêt croissant que portent les touristes à cette réserve naturelle, la flore est extrêmement préservée. Il y a justement une forte volonté à sensibiliser les curieux face à l’enjeu écologique au Brésil. Il est certain qu’à Pipa, on vit en harmonie avec la nature…
L’atmosphère est séduisante aussi bien de jour comme de nuit
Cet ancien village de pêcheur du Nordeste du Brésil est entouré de sublimes plages qui feront le bonheur de chacun par leur spécificité. Leur immensité peut aussi bien accueillir les familles, que les sportifs ou les amateurs de nature. Lorsqu’on arrive à Pipa, on a du mal à en repartir car tout est mis en œuvre pour conquérir les cœurs… Au-delà de ses paysages magnifiques, l’ambiance y est unique. La plupart des visiteurs de ce petit coin de paradis ont d’ailleurs beaucoup de mal à quitter les lieux, si bien que certains y ont posé leurs valises et forment aujourd’hui la communauté hippie.
On peut aussi bien profiter de longues heures de baignades, que surfer sur les vagues ou encore se balader le long des falaises et admirer les magnifiques maisons en bordure, toutes plus belles les unes que les autres.
Le soir, après un bon dîner dans un des nombreux restaurants proposant de la cuisine locale, le village s’anime pour laisser place à la fête ! Commencer sa soirée avec un verre au Lookout Sunset Bar semble être un passage obligatoire pour admirer le coucher du soleil et déguster les meilleurs cocktails de la ville. Ici l’ambiance y est particulière, comme une parenthèse dans tout ce qu’on peut connaître… On s’installe, on se laisse bercer par la bossa et on oublie tout !
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Les joyaux méconnus du Brésil
Par Tom Lalanne . 14 août 2017
Avec une superficie quinze fois supérieure à celle de la France, le Brésil regorge de trésors plus incroyables les uns que les autres. Voici une sélection qui pourra peut-être inspirer votre prochain voyage !
Parc national des Lençois Maranhenses
Situé au Nord Est du Brésil au bord de l’océan atlantique, ce désert unique au monde est sublimé chaque année pendant la saison des pluies. C’est à cette période que le ciel vient loger une eau douce translucide au creux de chaque dune. Des milliers de lacs, bleus et verts turquoise se forment et viennent compléter ce paysage tout à fait extraordinaire.
Ces lagons se forment entre janvier et mai, la saison idéale pour visiter les Lençois est donc entre juin et septembre.
Jericoacoara
Bourgade coupée du monde, aucune route ne pourra vous y emmener, vous devrez prendre un 4×4 et passer par la plage si vous voulez atteindre ce petit paradis.
Sur place, vous découvrirez un village de pêcheur avec nombre de pousadas – petits hôtels brésiliens – et restaurants enveloppant une baie. Le soir, tout le village se retrouve en haut d’une dune pour admirer le coucher du soleil.
Ilha Grande
Zone protégée dans un écosystème rare, cette île est située à 150km de Rio. Privée de toute route, aucune voiture ne viendra déranger votre tranquillité.
Si vous êtes plutôt farniente, vous pourrez profitez des plages magnifiques de sable blanc et eaux turquoises, pour les plus sportifs, 150km de sentier de randonnée relient les différents villages de l’île.
Fernando de Noronha
Ile principale d’un archipel portant le même nom, cet écosystème figure au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Véritable sanctuaire pour la faune marine, vous pourrez y admirer des dauphins, des tortues et profiter des nombreuses plages de l’île.
Parc national de la Chapada Diamantina
Ce parc tire son nom de ses montagnes plates en forme de plaques – chapada en portugais – au sommet, et des diamants, principale ressource économique des garimpeiros – chercheurs d’or initialement -.
Véritable eldorado pour les amateurs de randonnée, escalade ou encore parapente, vous découvrirez un paysage très changeant parsemé de rivières, cascades et parois rocheuses.
Ile de Marajo, Amazonie
Considérée comme la plus grande île côtière du Brésil, Marajo se situe au nord du pays entre le fleuve de l’amazone et l’océan atlantique.
Sa faune étant extrêmement riche, vous pourrez y voir de nombreuses espèces depuis votre Lodge ou encore en vous enfonçant dans les bras de l’amazone à l’aide d’un guide.
Pantanal
La frontière entre le Paraguay, Le Brésil et la Bolivie, abrite un sanctuaire pour animaux de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carré. Un écosystème parmi les plus abondants au monde dans lequel cohabitent une multitude d’oiseaux, reptiles, poissons ou encore mammifères majoritairement en voie d’extinction.
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La danse qui libère les esclaves
Par Léa Schoeny . 7 août 2017
Au-delà d’une danse, un véritable art martial
Pratiquée aujourd’hui comme un sport ludique, la capoeira a tout d’abord été créée dans une perspective de défense/d’échappatoire. Cet art martial tire ses racines des méthodes de combat et de danse africaine pratiquées par les esclaves noirs. Venus principalement d’Angola et du Congo, ces derniers ont été contraints de partir au Brésil lors de sa colonisation par les Portugais au 16ème siècle.
Au rythme des percussions aux sonorités afro-brésiliennes, les hommes se déplacent, apprennent des techniques de frappe et d’esquive sous le regard méfiant de leurs surveillants. Percevant d’un mauvais œil ces entrainements, ils interdisent rapidement la pratique de cette technique de combat. Les esclaves tentent alors de déguiser leurs entrainements à travers une danse rythmée au son des berimbau – instruments traditionnels – et des chants.
Au cours de l’histoire du Brésil, la capoeira a longtemps été mal vue par l’autorité, considérée même comme un délit. Cet art martial sera pourtant toujours pratiqué en cachette, jusqu’au début du 20ème siècle où il se démocratisera et trouvera même sa place au sein de la culture brésilienne. C’est notamment grâce à Mestre Bimba – Manuel dos Reis Machado – que la capoeira deviendra une des activités sportives les plus pratiquées au Brésil. En 1930 il fonde la première école de capoeira à Salvador de Bahia et transforme alors ce sport de rue, perçu comme une pratique de bandits, en un véritable art soumis à des codes d’apprentissage.
Une danse autour de laquelle les brésiliens se retrouvent aujourd’hui pour faire la fête
Au cours d’une balade dans les rues du Brésil, on est attiré au loin par un son de percussions accompagnant des chants portugais. On s’approche alors pour apercevoir un groupe d’hommes et de femmes formant un cercle et se balançant de gauche à droite au rythme de la musique. Au centre, deux d’entre eux s’affrontent sans jamais se toucher. La grâce et la souplesse dont les combattants font preuve cachent toute la technicité exigée pour la pratique de la capoeira. On ne peut que s’imaginer l’impact que pourraient avoir l’un des mouvements s’il venait à percuter l’adversaire. Et c’est justement parce qu’il n’y a pas de contact, que tous les niveaux peuvent s’affronter sans risque.
Après quelques minutes de lutte, l’un des adversaires laisse place au centre de la roda – ronde en portugais – à un nouveau challenger, et c’est ainsi que s’enchainent de nombreux combats sans violence sur la cadence des musiciens autour.
Observer cette parade, c’est s’imprégner de la culture brésilienne : toute la richesse de son Histoire, ainsi que la générosité de sa population y sont présentes. Chacun est invité à entrer dans la danse, à fredonner les chants en portugais ou plus simplement à partager une caïpirinha !