Les joyaux méconnus du Brésil

Par Tom Lalanne      .      14 août 2017

 

Avec une superficie quinze fois supérieure à celle de la France, le Brésil regorge de trésors plus incroyables les uns que les autres. Voici une sélection qui pourra peut-être inspirer votre prochain voyage !

Parc national des Lençois Maranhenses

Lençois lagunes vue d'avion

Situé au Nord Est du Brésil au bord de l’océan atlantique, ce désert unique au monde est sublimé chaque année pendant la saison des pluies. C’est à cette période que le ciel vient loger une eau douce translucide au creux de chaque dune. Des milliers de lacs, bleus et verts turquoise se forment et viennent compléter ce paysage tout à fait extraordinaire. 

Ces lagons se forment entre janvier et mai, la saison idéale pour visiter les Lençois est donc entre juin et septembre.

 

Jericoacoara

Fameuse plage de Jericoacoara

Bourgade coupée du monde, aucune route ne pourra vous y emmener, vous devrez prendre un 4×4 et passer par la plage si vous voulez atteindre ce petit paradis.

Sur place, vous découvrirez un village de pêcheur avec nombre de pousadas – petits hôtels brésiliens – et restaurants enveloppant une baie. Le soir, tout le village se retrouve en haut d’une dune pour admirer le coucher du soleil.

 

Ilha Grande

plage de rêve ilha Grande

Zone protégée dans un écosystème rare, cette île est située à 150km de Rio. Privée de toute route, aucune voiture ne viendra déranger votre tranquillité.

Si vous êtes plutôt farniente, vous pourrez profitez des plages magnifiques de sable blanc et eaux turquoises, pour les plus sportifs, 150km de sentier de randonnée relient les différents villages de l’île.

 

Fernando de Noronha

voyage plage de rêve Fernando de Noronha

Ile principale d’un archipel portant le même nom, cet écosystème figure au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Véritable sanctuaire pour la faune marine, vous pourrez y admirer des dauphins, des tortues et profiter des nombreuses plages de l’île.

 

Parc national de la Chapada Diamantina

Pai Inacio à la chapada diamantina

Ce parc tire son nom de ses montagnes plates en forme de plaques – chapada en portugais – au sommet, et des diamants, principale ressource économique des garimpeiros – chercheurs d’or initialement -.

Véritable eldorado pour les amateurs de randonnée, escalade ou encore parapente, vous découvrirez un paysage très changeant parsemé de rivières, cascades et parois rocheuses.

 

Ile de Marajo, Amazonie

Amazonie île de MarajoConsidérée comme la plus grande île côtière du Brésil, Marajo se situe au nord du pays entre le fleuve de l’amazone et l’océan atlantique.

Sa faune étant extrêmement riche, vous pourrez y voir de nombreuses espèces depuis votre Lodge ou encore en vous enfonçant dans les bras de l’amazone à l’aide d’un guide.

 

Pantanal

magnifique Tulcan Pantanal

La frontière entre le Paraguay, Le Brésil et la Bolivie, abrite un sanctuaire pour animaux de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carré. Un écosystème parmi les plus abondants au monde dans lequel cohabitent une multitude d’oiseaux, reptiles, poissons ou encore mammifères majoritairement en voie d’extinction.

 

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Découvrez la région du Pantanal au Brésil

Par Léa Schoeny      .      21 juillet 2017

 

Le Brésil regorge de trésors de la nature et le Pantanal en est encore la confirmation. Avec ses 200 000 km², cette plaine est une zone humide extrêmement vaste et abrite des millions d’espèces végétales et animales formant alors l’un des plus grands écosystèmes au monde. Situé aux frontières du Paraguay et de la Bolivie dans la région de Mato Grosso, le Pantanal est un refuge pour des millierspantanal-toucan-installe-sur-une-branche d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et de poissons, pour la plupart en voie de disparition. La zone semble des plus sauvages pourtant, des cowboys ont réussi à y installer leurs troupeaux au milieu des quelques 35 millions de crocodiles et y cohabitent maintenant harmonieusement avec toutes les espèces.

Un trésor de la nature

Un eldorado écologique

crocodile sortant le corps entier de l'eau pour attraper un piranha planté au bout d'un bâtonLa particularité de cette région est de connaitre, chaque année d’octobre à février, une inondation quasi totale de ses plaines, ce qui offre alors un paysage extrêmement varié et rend ce coin du monde tout à fait spectaculaire. Pour venir observer cet eldorado écologique, il faudra attendre la fin de la saison des pluies, à partir du mois de mars. Dès lors, sur un petit bateau mené par un guide, on pourra aussi bien croiser de nombreuses loutres géantes appelées “lobo del rio” – loup de la rivière – que des caïmans aux mâchoires saillantes. En levant la tête, des toucans – oiseaux vivement colorés au long bec – se laisseront fièrement photographier, faisant place ensuite aux ara hyacinthes, perroquets au plumage bleu cobalt et jaune extrêmement convoités par le commerce illégal. Avec de la chance il est également possible de croiser, à la nuit tombante, des félins tachetés tels que des ocelots ou des jaguars, espèces très menacées qui ont trouvé refuge au Pantanal.

Si la pêche est interdite, le fleuve regorge de milliers d’espèces de poissons et notamment de nombreux piranhas. Les guides les mettent d’ailleurs en spectacle en les attirant avec un morceau de viande, pour les embrocher ensuite au bout d’un bâton et faire jaillir ainsi un crocodile hors de l’eau… Frissons garantis !


Une impression de faire partie d’un film de western des années 50

Vous l’aurez compris, ce territoire regorge d’animaux de toutes sortes et semble peu propice aux activités humaines. Pourtant des cowboys s’y sont parfaitement acclimatés et viennent ici pour élever et nourrir leurs troupeaux de vaches, qui constituent leur principale source de revenu. Admirer ces hommes avec leur chapeau partir à l’aube déplacer les troupeaux du haut de leur pantaneiros – emblématiques chevaux vivant en semi-liberté – nous donne l’impression de faire partie d’un film de western des années 50. Le tableau des bêtes traversant les ruisseaux, sous un ciel aux couleurs vives, offre un somptueux décor presque irréel… On assiste en fait à une scène du quotidien dans ce merveilleux coin de la planète.

 

Nid d'oiseaux au Pantanal avec parents et bébésCerf en liberté au Pantanal

La beauté sauvage qu’offre cette région peu connue semble alors être un paradis naturel qu’il est bon de voir aussi bien préservé.

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Le Ceara, nouvel eldorado du Brésil

 

Longtemps délaissé par le gouvernement Brésilien, le Nordeste du Brésil est encore aujourd’hui largement méconnu internationalement. Si il commence à attirer chaque années plus de visiteurs venus de l’autre coté de l’Atlantique avec ses plages de rêves et son climat d’éternel été, le secteur du tourisme n’est pas le seul à être en pleine croissance. Dans la foulée du développement de cette région par les gouvernements successifs à partir du début des années 2000, l’état du Ceara notamment à su tirer son épingle du jeu et poursuit aujourd’hui son développement avec la plus forte croissance et le plus important taux d’investissement du pays.

Fort de ce constat, le gouverneur de l’état, Camilo Santana présente une belle vidéo destinée à attirer les investisseurs et vacanciers francophones pour mieux découvrir les qualités d’une région aux multiples atouts. A cette occasion nous vous proposons d’en découvrir un peu plus sur la “terra do Sol” un état en plein développement et une destination de voyage au Brésil hors du commun avec des plages parmi les plus belles du monde telle que Jericoacoara.

LE CEARA EN QUELQUES MOTS

 

Le Céara une terre tropicale où il fait bon vivre

Le Ceara, avec son climat semi aride typique du Nordeste Brésilien bénéfice de conditions météorologiques particulièrement attractives. Des températures constantes autour de 27° de l’air et de l’océan tout au long de l’année en font une destination touristique d’exception. L’ensoleillement est constant durant les 3/4 de l’année avec une courte saison des pluies de 4 mois environ entre février et fin mai.

On y rejoint de petits villages de pêcheurs préservés authentiques installés sur des plages de rêves loin des foules en remontant la côte au plus près des vagues en 4×4 ou en buggy. A une journée le long des plages au sud ouest de Fortaleza, se trouve la belle plage de Canoa Quebrada et sa charmante falaise ocre qui à séduit les cinéastes de la Nouvelle Vague des années 60.  De l’autre coté de la capiutale cearense, on  remonte le littoral jusqu’a Jericoacoara . Pour poursuivre vers les états voisins du Piaui et du Maranhão pour rejoindre des sites naturels uniques tel que le delta du Parnaiba et surtout l’improbable désert des Lençois et ses lagunes d’eau douce nichées entre les dunes entre juin et début octobre. un circuit hors de sentiers battus qui vous mènera de Fortaleza à São Luis.

Avec ces alizés qui soufflent entre juillet et novembre la région de Fortaleza est l’un des meilleurs spots de kitesurf  du monde.  Nombreux sont leurs français venus s’installer sur place pour ouvrir des pousada, les petits hôtels locaux , dédiées aux pratiquants de ce sport qui offrent la possibilité unique de faire un circuit downwind le long de plusieurs centaines de kilomètres du littoral.

Pour aller plus loin , un petit reportage sympathique qui résume bien l’ambiance et les atouts de Fortaleza:

Un état majeur de l’économie du Brésil

Un état de pratiquement 149 000 km² (un peu plus d’ 1/4 de la superficie de la France) pour pratiquement 8 000 000 d’habitants dont pas moins de 7000 français installés sur place. Une capitale, (5 eme du Brésil)  Fortaleza de 2 375 000 d’habitants en plein essor technologique et économique avec un aéroport ayant reçu plus de 5 000 000 de voyageurs en 20016 et des liaisons directes avec des grandes villes internationales telles que Lisbonne (6h30), Francfort (8h), Milan (8h) ou Miami  et Buenos Aires. Le Ceara c’est également plus de 11 000 km de route

Porte d’entrée du Brésil depuis l’Europe, le port du Pecém est le plus proche du Vieux Continent et pour cette raison le plus gros exportateur de fruits du pays. C’est également la porte d’entrée des cables sous marin du réseau internet mondial, véritable hub technologique du Brésil avec 7 connexions et 6 nouvelles prévues pour les prochaien années. Son complexe sidérurgique est le plus vaste et moderne du Brésil et à représenté un investissement de plus de 6 000 000 000 de dollars en faisant une des industrie de pointe du Nordeste Brésilien.

Tourné vers l’avenir et le développement durable en profitant de conditions d’ensoleillement et éoliennes favorables le Ceara possède aujourd’hui 56 parc éoliens et de panneaux photovoltaïques avec une capacité de 270 MW, en parties installés par des entreprises françaises.

Côté alimentaire, c’est le premier producteur du Brésil de noix de cajou, langoustes et de crevettes, mais aussi le troisième de Tilapia.

Il bénéficie également d’une infrastructure en perpétuelle modernisation avec le meilleur système de santé publique du pays selon la Banque Interaméricaine du Développement, des centres de recherche et des université de pointe d’où sorte chaque années de nombreux diplômés.

Pour un séjour de vacances ou pour investir, le Ceara est une terre séduisante et accueillante qui offre toute la douceur et le dynamisme du Brésil d’hier d’aujourd’hui et de demain!

L’architecte d’avant-garde du Brésil

Quand on veut faire un article  sur l’architecture au Brésil, impossible d’éviter de parler du concepteur de Brasilia, la capitale du Brésil sortie de terre en 1960.   La patte de Niemeyer se reconnait dans l’amplitude des courbes de ses constructions monumentales. Comme Le Corbusier, un de ses maîtres, l’architecte brésilien a tout de suite adopté le béton comme le matériau idéal pour le façonnage de ses rêves et visions. Mais, à l’inverse de son confrère français, Niemeyer fuyait les angles droits ou saillants, leur préférant les longues courbures inspirées par les montagnes bordant sa ville natale de Rio de Janeiro, voire par celles du corps de la femme qu’il vénérait. Il fut d’ailleurs surnommé « l’architecte de la sensualité ».

Niemeyer, L’architecte symbole du Brésil moderne

le théatre de Niteroi construit par Niemeyer

Titre

Naissance d’un géant

Né en 1907, Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares fait ses humanités à l’École nationale des beaux-arts de Rio de Janeiro, d’où il sort diplômé en 1934. Le jeune architecte est naturellement influencé par le modernisme épuré très à la mode dans ces années trente, mouvement initié par Le Corbusier, l’américain Frank Lloyd Wright ou l’allemand Walter Gropius. Style architectural majeur du Brésil, le modernisme se caractérise par le minimalisme et l’absence d’excès de fioritures ou de décorations. Il est simple, avec des lignes épurées et une forme fonctionnelle. On peut en cela noter le côté déjà indépendant du jeune homme dont la formation étudiante était plus basée sur le classicisme à la « française », classicisme qu’il rejeta vite.

Appelé à travailler dans l’agence de son aîné Lucio Costa, également adepte du modernisme, Niemeyer participe en 1936 à la conception du nouveau siège du ministère de l’éducation et de la santé à Rio de Janeiro et, dès l’année suivante, il conçoit sous son propre nom une crèche à Rio. Très vite, l’ampleur et la justesse de ses réalisations séduisent les décideurs publics du pays, si bien qu’entre 1940 et 1943, il réalise sa première grande œuvre : le complexe commercial de Pampulha à Belo Horizonte dont le maire, Juscelino Kubitschek, deviendra président de la république en 1956. Cette accession au pouvoir aura de grandes conséquences sur la renommée internationale d’Oscar Niemeyer.

le palais de la présidence à Brasillia

Brasilia, le chef d’oeuvre de Niemeyer

L’architecte carioca accède à la notoriété mondiale en participant à la conception du siège des Nations Unies à New York entre 1947 et 1952, au sein d’une équipe de onze architectes, parmi lesquels Wallace Harrison et Le Corbusier. Considérées comme des œuvres d’art, ses créations sont exposées dans les musées d’art et c’est donc tout naturellement qu’en 1956, le fraîchement élu président brésilien Kubitschek lui demande de concevoir les principaux bâtiments de la nouvelle capitale administrative du pays, appelée à être érigée au milieu des plateaux de l’état de Goiás.

Même si cela peut paraître réducteur pour une œuvre comptant 600 projets, celui de Brasilia reste emblématique de la production d’Oscar Niemeyer. La cathédrale hyperboloïde, le siège du Congrès National du Brésil avec ses deux sphères inversées, le musée national, la résidence présidentielle « Palácio da Alvorada », le théâtre national et 15 autres bâtiments seront le fait et la marque de fabrique de ce visionnaire hors du commun. Malgré l’échec du but initial de Niemeyer et Costa, qui avaient conçu une ville pour seulement un demi-million d’habitants alors qu’elle en reçu cinq fois plus dont beaucoup dans des favelas insalubres à sa périphérie, Brasilia sera classée au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1987 tant son architecture reste innovatrice.

Ces travaux pharaoniques s’échelonnèrent naturellement sur des dizaines d’années, dont une vingtaine furent passées hors de son pays par leur concepteur qui n’eut à un moment de sa vie pas vraiment le choix de son destin.

bibiliothèque de Niemeyer à Brasilia

 Exil et prises de positions

Oscar Niemeyer n’a jamais caché ses fermes convictions politiques : il rêve d’une société plus égalitaire sans barrières sociales, faisant surtout référence à celles de son pays avec ses centaines de milliers de miséreux confinés dans les favelas. Comme nombre d’intellectuels séduits par le « valeureux combat » du communisme contre le nazisme pendant la guerre, il adhère dès 1945 au parti communiste, engagement qu’il ne reniera jamais. L’arrivée au pouvoir en 1964 de la junte militaire du maréchal Castelo Branco va donc intimement révulser ce militant de la cause Internationale et le contraindre à l’exil.

Son voyage le pousse vers la France où son immense notoriété et ses convictions personnelles l’amènent à la réalisation de plusieurs édifices majeurs : le siège du Parti Communiste Français place du Colonel Fabien, à Paris, celui du journal L’Humanité à Saint-Denis, ou encore la Bourse du travail à Bobigny. L’Algérie postcoloniale de Boumediene fait naturellement appel à l’architecte aux « fortes convictions sociales » qui va y réaliser des campus, comme l’école Polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger, l’Université des Sciences et de la Technologie d’Alger, l’université avant-gardiste de Constantine, ou la gigantesque coupole du Complexe Olympique du 5 Juillet à Alger.

musée art contemporain de Niteroi

 Le retour au pays

Dès la fin de la dictature en 1985, Oscar Niemeyer peut revenir l’esprit libre dans son Brésil natal. Il a près de quatre-vingts ans, mais n’est absolument pas décidé à prendre une quelconque retraite. Niemeyer va vivre jusqu’à l’âge exceptionnel de 105 ans et restera professionnellement actif quasiment jusqu’à la fin de ses jours !

Il conçoit l’incroyable musée d’art contemporain de Niterói dans le quartier de Boa Viagem, en face de Rio de Janeiro, sorte de soucoupe volante posée au bord d’une falaise, l’auditorium de São Paulo, recouvert d’une toiture ondulante en béton de 27 000 m²,  ou encore le centre culturel international Oscar Niemeyer à Avilés en Espagne, une de ses réalisations les plus importantes en Europe, sans oublier des réalisations pour les « amis révolutionnaires » Hugo Chavez et Fidel Castro (monuments hommage à Caracas pour le premier et à la Havane pour le second).

A 104 ans, il supervisait encore les travaux du Sambodrome de Rio, construit par ses soins 30 ans auparavant et qui accueillit certaines compétions des Jeux Olympiques de 2016. A sa mort en 2012, la présidente Dilma Rousseff déclara : “Le Brésil a perdu l’un de ses génies et c’est un jour pour pleurer”, et le gouverneur de Rio de Janeiro décréta trois jours de deuil en la mémoire de ce « monument national » disparu.

Oscar Niemeyer était lauréat du prix Pritzker, la plus haute récompense mondiale dans le domaine de l’architecture, décerné en 1988. Le jury résuma son œuvre avec la simplicité et l’évidence du style de l’artiste-architecte honoré ce jour-là : « Il a capturé l’essence du Brésil avec son architecture. Ses bâtiments distillent les couleurs, la lumière et l’image sensuelle de son pays natal ».

Fernando de Noronha : un paradis terrestre et aquatique au milieu de l’océan atlantique.

Découvrez le charme d’une île brésilienne peu connue installée en plein Atlantique 

Pour  notre actu’ culture de la semaine, un peu de géographie du Brésil avec Fernando de Noronha,  un petit archipel ancré à quelques centaines de kilomètres au nord-est des côtes brésiliennes, à exactement 533 km de Recife et 369 de Natal. On ne peut s’y rendre qu’en avion (certaines croisières peuvent exceptionnellement y accéder ou alors il faut posséder son propre voilier), les règles de vie y sont extrêmement contingentées et le flot touristique y est maîtrisé. C’est tout simplement parce que Fernando do Noronha est un véritable petit paradis terrestre, mais un paradis fragile qu’il faut ménager et protéger comme une porcelaine délicate ou un bijou rare.

A la découverte de « l’émeraude de l’Atlantique »

Fernando de Noronha l’émeraude de l’Atlantique brésilien

Découvert au début du XVIe siècle par le navigateur portugais Gaspar de Lemos dont l’expédition aurait été financée par un riche banquier, Fernão do Noronha, cet ensemble compte 21 îles dont la plus grande porte le nom de l’archipel. Classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 2000, l’île principale dévoile un paysage de nature volcanique composé d’un subtil mélange de pitons rocheux, de forêts chatoyantes, d’une rare mangrove et de plages toutes plus belles les unes que les autres. Les Portugais l’avaient en leur temps baptisée « l’émeraude de l’Atlantique » tant ils avaient été charmés par la luxuriance de la végétation et la couleur turquoise de ses eaux. De nos jours, le visiteur ayant le privilège de débarquer sur Fernando do Noronha éprouve la même impression de découverte d’un véritable Eden terrestre.

Les amateurs de balades ou randonnées se régaleront de longues marches à pieds nus sur le sable des nombreuses plages qui entourent l’île, comme celle de Praia do Sancho souvent qualifiée d’une des plus belles plages du monde. En prenant de la hauteur, on accède au Morro do Picco qui offre une vue époustouflante sur l’Atlantique. Le promeneur pourra y admirer la flore riche et variée, et essayer de repérer au large les baleines qui viennent nager régulièrement en surface sous l’œil des milliers d’oiseaux marins qui sont autant de richesses ornithologiques de l’archipel. Pour parcourir l’île le long de sa route principale et de ses quelques piste, l’engin le plus populaire est le buggy que l’on peut facilement louer sur place.
L’île se parcourt également en VTT, mais toujours dans la découverte d’une nature sans cesse surprenante. Ici, la beauté sauvage des éléments prend tout son sens et le visiteur ne pourra que succomber au charme vertigineux de cet appel à la rêverie et à la contemplation.

Spectacle unique également, celui des dauphins dans la baie des Golfinhos. Au lever du soleil (même pendant les vacances, il peut être gratifiant de parfois se lever tôt), des centaines de ces mammifères marins revenus de leur chasse entament leur incroyable ballet aquatique ponctué de figures insoupçonnées, comme des pirouettes enchaînées à plusieurs reprises ! Mais sur Fernando do Noronha, les richesses ne se limitent pas à ce qui est visible au-dessus de la mer. Ce qui se passe en-dessous est encore plus envoûtant.

La plage de Sancho à Fernando Noronha

Fernando de Noronha, des fonds marins uniques dans l’Océan Atlantique

Les eaux entourant Fernando do Noronha sont classées parmi les plus beaux spots de plongée du monde, et leur écosystème est un des plus foisonnants et un des plus privilégiés : alors que l’Atlantique est plutôt catalogué comme relativement stérile à ce niveau, les thons, les marlins, les requins, les tortues marines viennent se reproduire dans cet oasis de fécondité. La dispersion des organismes marins dans l’Atlantique austral prend sa source ici, au large des côtes brésiliennes.
L’Atol das Rocas est ainsi le deuxième site de reproduction du Brésil pour les tortues, qu’elles soient vertes ou à écailles. Les fonds de l’Atol recèlent une quantité unique d’espèces marines allant des poissons aux éponges en passant par les crustacés et les mollusques. A marée basse, des lagons et des bassins se dévoilent en un tableau vivant particulièrement impressionnant. Extrêmement protégée, cette réserve naturelle n’est évidemment pas accessible aux touristes masqués et palmés, mais des sites de plongée disséminés tout autour de l’île sont autant de lieux d’émerveillements pour les amateurs, débutants ou confirmés.

Il existe trois écoles de plongée sous-marine sur l’île qui offrent des prestations allant du baptême à l’excursion profonde et proposent du matériel à louer. Plonger à Fernando do Noronha, c’est découvrir une faune à nulle autre pareille : le plongeur – obligatoirement accompagné d’un moniteur – se meut au milieu des poissons multicolores, des placides tortues, des raies pastenagues ou mantas, des barracudas effilés ou bien des requins impressionnants mais heureusement inoffensifs. Les pratiquants confirmés pourront en outre découvrir des grottes sous-marines et de splendides paysages de rochers piquetés d’une végétation mouvante et vibrante. La meilleur saison pour plongée sera les mois de septembre et octobre durant lesquels la visibilité peut atteindre les 45 mètres.

recif sous marin à Fernando de noronha

Des règles incontournables pour visiter le sanctuaire écologique de Fernando de Noronha

Ce tableau idyllique a naturellement un prix, justifié par la rareté et la fragilité de l’écosystème protégé dans l’archipel. Le nombre des touristes sur l’île étant rigoureusement contingenté, chaque visiteur doit s’acquitter d’une taxe journalière destinée à financer l’entretien de l’île. Les plongeurs payent aussi une redevance pour plonger dans le parc marin inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2002.
Il convient de garder à l’esprit que l’éloignement par rapport au continent implique que toute la nourriture – le poisson excepté, bien sûr – est importée, et donc plus chère qu’ailleurs. L’hébergement, les services et les billets d’avion sont là-encore plus élevés qu’ailleurs. Les déplacements et les baignades demandent en outre l’observation de certaines règles strictes. Mais une fois débarqué sur l’île, on ne peut que comprendre et approuver ces mesures qui ne sont que simple bon sens : lorsqu’on dispose d’un joyau comme Fernando do Noronha, on ne peut transiger sur le maintien de son intégrité et de sa beauté.

Vous désirez organiser un séjour à Fernando de Noronha ?

rochers cote fernando de Noronha

Séjour à Fernando de Noronha

4 jours/3 nuits à partir de 471 €

Iemanja, mère des Orixás

Moitié sirène, moitié créature hermaphrodite selon les contrées, Lemanja est fêtée sur les plages du Brésil le 2 février.

Il est une date à noter pour tous les visiteurs curieux d’en savoir plus sur une des religions les plus pratiquées au Brésil : le 2 février, spécialement sur les plages de Salvador de Bahia. Ce jour-là est célébré le culte de Iemanja (dia de Iemanja), déesse mère de tous les saints issus du Candomblé.

Le 2 février, fête de la déesse de l’océan du Candomblé à Salvador de Bahia et dans tout le Brésil

Le candomblé est une religion syncrétique extrêmement prégnante, pratiquée aussi bien au Brésil que dans les pays voisins. Elle est issue des croyances africaines amenées par les esclaves lors du trafic organisé par les colonisateurs portugais. Devant l’impossibilité de faire renoncer aux Africains leurs cultes, les autorités catholiques ont favorisé cette religion dans le seul but d’amener les anciens esclaves à se convertir au catholicisme tout en y adaptant leur foi. C’est ainsi que Lemanja, la mère de tous les Orixás (divinités associées à un élément de la nature, l’eau, le feu, la mer, la forêt, etc.), fut progressivement associée au Brésil à l’image de la vierge Marie.

Sur son 31 à Itapema

Déesse de la mer, de l’eau en général, et des femmes enceintes en particulier, Iemanja est naturellement fêtée sur les plages de l’océan dans une grande ferveur œcuménique. Le soir du réveillon du 31 décembre notamment, la foule se réunit au bord de la mer pour lancer ses offrandes dans des paniers.

La grande particularité de cette célébration, et de toutes celles liées au Candomblé, est sa faculté à rassembler toutes les couches de la population, de toutes couleurs et de tous niveaux sociaux confondus. Chacun formule son souhait pour l’année à venir, allant du vœu philosophique ou sentimental à la demande de résolution d’un problème très pratique, comme celui d’une plomberie en panne permanente, par exemple !

La transe du 2 février à Bahia

La fête officielle, le Dia de Iemanja, se situe le 2 février et a pour épicentre les plages du Rio Vermelho à Salvador de Bahia. C’est ici qu’historiquement accostaient les bateaux venus d’Afrique et chargés de la main d’œuvre corvéable à merci. C’est donc ici, sur les rives de l’océan, que le Candomblé a pris racine et qu’il compte le plus de pratiquants dans le pays. On estime à plus de 3 millions le nombre de Brésiliens se revendiquant de ce culte.

A l’origine, la légende veut que les pêcheurs bahianais déçus par leur maigre butin aient invoqué les Orixás pour obtenir de plus belles pêches. La fête fut créée dans les années vingt, puis institutionnalisée en 1960.

Dès le matin du 2 février, les locaux envahissent la plage et adressent leurs offrandes à Iemanja via des prêtresses habillées de blanc, les « Mães de Santos». Ces Mães et Pais (mère et père) assurent la pratique du candomblé tous les samedis soir dans des maisons appelées « Terreiros ». Lors de la fête, la plage devient une gigantesque réunion rythmée par les chants, la musique, les tambours entêtants et les danses qui se prolongent très tard dans la nuit. Chacun vient sur la plage pour déposer dans les vagues ses offrandes sous la forme d’une petite embarcation, le balaio, chargé de cadeaux pour la déesse telle que des fleurs, des bijoux, des savons ou du parfum. Un spectacle émouvant qui témoigne de la ferveur locale dans une ambiance mêlant joie et espérance.

Au même titre que le Lavagem do Bonfim, ou le carnaval, ce rite envoûtant est à ne manquer sous aucun prétexte pour toutes celles et ceux pour qui le voyage implique la rencontre et la connaissance de la population locale – et de ses mœurs. Et pour tous les amateurs de fête en général ! Une raison de plus pour venir passer des vacances de début d’année à Salvador de Bahia !

Des fêtes spécifiques au Brésil

Aux côtés des traditionnelles fêtes que l’on retrouve en France et dans beaucoup de pays, des fêtes spécifiques au Brésil.

Le Brésil fête Pâques, Noël, Toussaint, le 1er mai ou encore le jour de l’An, comme tous les pays occidentaux, dirons-nous. Mais comme tous les pays, il possède ses propres célébrations liées à sa culture intrinsèque, qu’elle soit religieuse ou bien historique.

Les fériés, les jours préférés des brésiliens!

Le Brésil est un pays de fêtes, souvient liées aux jours fériés la plus emblématique étant celle du carnaval en février qui draine des millions de gens dans les rues des grandes métropoles, que ce soit Rio de Janeiro, Salvador ou bien Recife et Olinda. Sur ce sujet particulier, il sera bon de se référer à la page consacrée au carnaval. Le carnaval étant loin d’éclipser les autres fêtes, penchons-nous sur les principales à commencer par celles à tendance religieuse.

Les jours fériés liés aux fêtes religieuses

Elles sont prédominantes dans ce pays à 80% chrétien, et ce malgré la forte progression des évangélismes venus d’Amérique du Nord par la voie du dieu païen télévision. Deux d’entre elles sont à privilégier.

Le Corpus Christi, Fête Dieu ou du Saint-Sacrement, est consacré dans beaucoup de pays chrétiens, mais il prend au Brésil des allures de célébration officielle. Il a lieu soixante jours après Pâques, soit le jeudi suivant la Trinité. Lors d’une grande procession, un prêtre porte l’eucharistie dans un ostensoir, entouré de croyants habillés de blanc. Les rues sont recouvertes de tapis de couleurs et de pétales de fleurs, symbolisant le sang du christ. Chaque grande ville organise sa propre célébration, la plus célèbre étant celle de Florianopolis qui attire chaque année des milliers de touristes.

La Paixao do Christo, ou Passion du Christ, est plus axée sur le spectacle visuel et donne lieu à des représentations hautes en couleurs avec acteurs, figurants, projections feux d’artifices et effets spéciaux. Une scénographie poussée restitue parfaitement l’immense ferveur de ce peuple pour sa religion et les spectacles nocturnes offerts aux visiteurs dans les villes telles Fazenda Nova ou Planaltina, dans l’état de Goiás au centre du pays, sont des étapes à privilégier.

Les jours fériés, des célébrations de l’Histoire brésilienne

Les racines du Brésil sont anciennes et intimement liées à la conquête des terres par le Portugal. Son Histoire tourmentée puise donc ses racines dans des événements relatant sa difficile séparation du pays fondateur.

Le 21 avril est jour chômé au Brésil en l’honneur de Joaquim José da Silva Xavier. Ce dentiste du XVIIIe siècle, surnommé « l’arracheur de dents » (Tiradentes), fut un serviteur de la couronne portugaise, avant d’en devenir un des principaux ennemis suite à une déception personnelle. Il fit alors partie d’une conjuration contre l’occupant, mais fut le seul à assumer la responsabilité dans l’enquête qui s’ensuivit. Il fut condamné au martyre et exécuté en 1792 à Rio de Janeiro, devenant pour l’éternité un des grands héros populaires brésiliens.

Le 7 septembre est également férié, en l’honneur du 7 septembre 1822. Ce jour-là, le prince Dom Pedro, fils du roi Jean VI, déclara l’indépendance du Brésil au terme d’une guerre contre l’occupant portugais. Le 7 septembre est la fête nationale du Brésil.

Cette indépendance fut suivie d’une période mouvementée, puis de l’empire de Pierre II. Empereur éclairé, Pierre II fut malgré tout renversé le 15 novembre 1889 par un maréchal sécessionniste, Manuel Deodoro da Fonseca, qui proclama la première république des « Etats Unis du Brésil ». Le 15 novembre est naturellement jour chômé au Brésil.

Liste complètes des jours fériés au Brésil

201720182019
Le Nouvel An1er Janvier1er Janvier1er Janvier
Carnaval (clotûre)9 Février28 Février13 Février
Vendredi Saint25 Mars14 Avril30 Mars
Pâques27 Mars16 Avril1 Avril
Tiradentes21 Avril21 Avril21 Avril
Fête du travail1er Mai1er Mai1er Mai
Corpus Christi26 Mai15 Juin31 Mai
Fête de l’indépendance7 Septembre7 Septembre7 Septembre
Notre Dame d’Aparecida, sainte patronne du Brésil12 Octobre12 Octobre12 Octobre
Jour des morts2 Novembre2 Novembre2 Novembre
Proclamation de la République15 Novembre15 Novembre15 Novembre
Noël25 Décembre25 Décembre25 Décembre
Demi-journée férié, veille de jour de l’An31 Décembre31 Décembre31 Décembre

Lavagem do Bonfim à Salvador de Bahia 

Travail autrefois imposé aux esclaves, le lavage de l’église de Bonfim est devenu un spectacle à ne pas manquer.

Si vos pas vous guident vers Salvador de Bahia au mois de janvier, ne manquez pas d’assister au lavage de l’église de Bonfim ! Ce qui était un labeur harassant demandé aux esclaves venus d’Afrique est depuis une fête haute en couleur qui peut faire jeu égal avec le carnaval ayant lieu un mois plus tard.

Un rite incontournable et une grande fête du Brésil Afro-brésilien

Salvador de Bahia se targue de posséder une religion particulière que les autorités nationales et religieuses furent bien forcées d’admettre au fil du temps, le Candomblé. Pratiqué également dans les pays voisins d’Amérique du Sud tels l’Uruguay, l’Argentine, le Paraguay ou le Venezuela, ce syncrétisme est né d’un curieux mélange de catholicisme importé par les colonisateurs portugais et de croyances africaines des esclaves ramenées d’Afrique. Une sorte de Vaudou d’Amérique du Sud, en quelque sorte, avec une petite touche de religiosité indigène en plus.
Naturellement interdit durant toute la période de l’esclavage, le Candomblé fut toléré avec l’avènement de la république, puis finalement accepté devant l’immense ferveur manifestée par les croyants bahianais. C’est son esprit qui souffle sur les fêtes de Bonfim, le deuxième dimanche de janvier après les Rois.

De la nef aux escaliers

Au XVIIIe siècle, les membres de la confrérie des laïcs dévots forçaient les esclaves à préparer l’église de Bonfim, et donc à la laver, dans le cadre de la préparation des célébrations du Seigneur de Bonfim. Ainsi persécutés, les noirs africains se réfugièrent dans la croyance de ce Candomblé, que les autorités rejetèrent naturellement. De façon démonstrative, elles interdirent alors aux esclaves de laver l’intérieur de l’église et de ne nettoyer que les escaliers et le cimetière. Cette pratique est perpétuée en spectacle de nos jours.
Le jeudi durant la purification, les portes de l’église demeurent fermées tandis que des centaines de Bahianaises vêtues de blanc, amenées sur place dans des chariots couverts de fleurs, versent sur les marches de l’eau parfumée qu’elles tiennent dans des jarres sur leurs épaules. La procession part de l’église de Nossa Senhora da Conceição da Praia pour se diriger vers la colline de Bonfim au son des percussions et des chants africains. Une fois la partie religieuse achevée, la fête continue sur la place de l’église au milieu des baraques où sont servis boissons et aliments typiques de Bahia.

Une alternative au carnaval ?

La fête a beaucoup perdu de son caractère religieux, même si la pratique du Candomblé reste très prégnante à Salvador. Le côté œcuménique est fortement exacerbé et c’est surtout l’occasion de vivre quelques jours de véritable communion avec le peuple brésilien. La musique est omniprésente, boostée par les incontournables batucadas qui transforment la ville en un chaudron bouillant. Complètement imprégnée de la culture locale et du caractère festif des Brésiliens, la Festa do Bonfim peut constituer une excellente alternative au carnaval pour celles et ceux qui désirent sortir des sentiers battus.

Le dimanche suivant le lavage des escaliers, a lieu un pèlerinage vers l’église sur la colline dont les croyants font trois fois le tour en formulant trois vœux. Naturellement invité à la fête, le visiteur pourra lui aussi prétendre à la réalisation de ces trois vœux et se verra attaché au poignet le célèbre petit bracelet multicolore symbole de Bahia, le Lembrança do Senhor do Bonfim da Bahia, qu’il devra porter jusqu’à sa désintégration naturelle, synonyme de la réalisation des trois vœux. Il suffit d’y croire…

Aquarius, le film qui interpelle les Brésiliens

Ce n’est pas seulement un film, c’est un message. Un message qu’entendent tous les gens fatigués d’un système gangrené et corrompu où la loi du plus fort doit faire plier les plus faibles. Mais la grande force du film est ne justement pas sombrer dans le manichéisme facile.

L’onde de choc Aquarius a débuté en mai à Cannes et est en train de secouer le Brésil tout entier.

Il aurait effectivement été plus facile d’écrire une histoire sur de gros méchants hommes d’affaires harcelant de pauvres habitants d’une favela. Pour son deuxième film après Les Bruits de Recife, Kleber Mendonça Filho a choisi de tracer le portrait d’une femme intellectuelle, appartenant à la bourgeoisie brésilienne, en but à la cupidité d’un promoteur sans scrupules voulant lui acheter coûte que coûte son appartement pour laisser place à de nouveaux et juteux projets immobiliers.

Cannes le détonateur

Il n’y a plus personne dans l’immeuble Aquarius de Recife. Un promoteur a racheté tous les appartements. Tous ? Non, un seul résiste encore à l’envahisseur, pour paraphraser les aventures d’un célèbre petit Gaulois français : une sexagénaire critique d’art et de musique, Clara, refuse catégoriquement de céder son bien au promoteur cupide, même pour les sommes rondelettes que celui-ci lui propose.
Les propositions vont virer au harcèlement le plus lourd et Clara va endosser le rôle de résistante acharnée et déterminée. Le message est clair et dépasse le simple cas de cette femme libre : même les gens de la classe moyenne, voire aisée, seront touchés par les excès du néolibéralisme si on ne fait rien.

Au travers cette histoire somme toute assez banale, Kleber Mendonça Filho choisit de tracer un portrait tout en nuance d’une femme de caractère qui représente l’idéal de culture et d’instruction vers lequel devrait tendre tout être désireux de s’élever, et contre lequel se dressent des gens qui n’ont que faire de cette ouverture qui ne peut que contrecarrer leurs plans d’enrichissement rapide. Le fait que son œuvre ait été sélectionnée pour le festival de Cannes en mai dernier fut une première victoire pour Mendonça Filho.
La deuxième fut que le film ait été extrêmement bien reçu, mais surtout que les correspondants brésiliens sur place se soient affrontés publiquement, ceux qui défendaient le propos pertinents du réalisateur et ceux, proches des médias privés, qui déploraient « l’image désastreuse » que ce film allait causer auprès des étrangers à quelques semaines des JO de Rio !
La troisième victoire fut, qu’après que ces joutes verbales aient été relayées jusqu’au Brésil par les réseaux sociaux, le public brésilien s’est déplacé en masse dans les salles et a réagi de façon vibrante à ce long métrage inédit.

Sonia Braga la rebelle

Dans certaines salles, le public a applaudi à tout rompre une fois les dernières images projetées, et a hurlé : « Non au coup d’état », ou « Temer, dehors », faisant allusion à l’éviction (très) discutée de la présidente Dilma Rousseff au profit de son vice-président Michel Temer quelques mois auparavant. Cette affaire significative de la dérive des institutions reste en travers la gorge de beaucoup de gens écœurés par la corruption généralisée dans les hautes instances brésiliennes. Et Aquarius est ressenti comme une cinglante allégorie de toutes ces manipulations guère reluisantes.

Le fait que le metteur en scène ait confié le rôle de Clara « la rebelle » à Sonia Braga, vedette immensément populaire qu’on a vu dans des films tels Dona Flor et ses deux maris, contribue naturellement à cette empathie du peuple pour cette femme harcelée jusqu’à l’extrême par ce promoteur douteux, et décidée à se battre jusqu’au bout pour préserver son bien, cet appartement qui renferme tous ses trésors acquis tout au long d’une belle carrière.
Kleber Mendonça Filho se place dans la lignée du cinéma brésilien revendicatif et dénonciateur. Mais sa particularité est d’avoir choisi cette héroïne « bourgeoise et artiste », et non des laissés pour compte de quartiers défavorisés, ainsi que sa ville de Recife, en lieu et place des grandes mégalopoles, classiques théâtres filmés des exactions les plus désespérées.

Comme Almodovar (qu’il admire) qui a ancré son cinéma des débuts dans Madrid, Mendonça Filho reste viscéralement attaché à Recife dont il dirige un festival qu’il a monté il y a quelques années dans un vieux cinéma de quartier, menacé lui-aussi de destruction… comme l’immeuble Aquarius. Le public fait la queue pour voir son film de résistance et l’onde de choc partie de Recife pourrait balayer tout le territoire brésilien. C’est bien ce que souhaite Kleber Mendonça Filho.

Pour aller plus loin, retrouvez l’interview de Kleber Mendoza au festival de cannes 2016:

https://www.festival-cannes.com/fr/actualites/videos/aquarius-de-kleber-mendonca-filho-1

Comment vivrons-nous sur notre planète en 2050 ?

Réponse au Museu do Amanhã à Rio de Janeiro.

C’était un pari fou : créer dans une zone de nulle part un musée ultra-moderne consacré à notre futur immédiat et aux énergies de demain. Encadré par la fièvre du Mondial de football de 2014 et celle des Jeux Olympiques de 2016, le chantier du Musée de Demain (Museu do Amanhã) fut achevé en un temps record sur les quais de la baie Guanabara de Rio de Janeiro.

Découvrez le musée qui tourne le regard du Brésil vers le futur!

Entre la présentation des plans par l’architecte espagnol Santiago Calatrava Valls et l’inauguration du musée en décembre 2015 par la présidente de la république Dilma Rousseff, trois années se sont écoulées. Ce projet futuriste s’ancre dans le cadre de la rénovation de certains quartiers de la ville de Rio de Janeiro, comme celui de Porto Maravilha avec sa jetée de la place Maua qui accueille les bateaux touristiques de la baie et a vu débarquer dans les siècles passés les cargaisons d’esclaves arrivant tout droit d’Afrique.

 

Un musée au design résolument tourné vers l’avenir

 

Cet édifice audacieux rappelant tour à tour un immense insecte où un monstre squelettique hérissé de rostres métalliques invite le public à une exploration des possibilités d’un avenir durable à travers des objets interactifs réunissant la science, l’art, la technologie et la culture. « … Le Musée de Demain sera un patrimoine de l’humanité et transformera toute cette région en un grand site pour exprimer l’histoire de notre pays » a déclaré la présidente lors de son discours d’inauguration.
La construction du bâtiment repose bien évidemment sur les concepts écologiques qu’il est censé incarner : l’eau de la baie est puisée pour alimenter le vaste système de climatisation et d’immenses structures métalliques sur le toit, constituées de milliers de panneaux photovoltaïques et articulées comme des ailes, captent l’énergie solaire nécessaire à la fourniture d’électricité de l’ensemble. Très bas et très long, avec son immense auvent en porte-à-faux, il est entouré de jardins, de bassins, d’une piste cyclable et d’une aire de loisirs.

Un édifice fruit d’une collaboration internationale

 

Constitué de nombreuses salles d’expositions, d’une salle de cinéma à 360° et d’un restaurant panoramique, le Musée de Demain fut créé grâce à des partenariats comme le Musée de la Villette à Paris, le Smithsonian Institute et la California Academy of Sciences. Cette galerie du futur doit amener les visiteurs à réfléchir sur ce que sera notre monde de demain, sur les moyens de vivre harmonieusement dans une communauté atteignant les 9 milliards d’individus, et sur la façon d’utiliser de la manière la plus raisonnée possible les diverses ressources de notre Terre, qui ne sont pas – loin s’en faut – toutes inépuisables.

Le musée est devenu en l’espace de quelque mois une étape incontournable dans une visite de Rio de Janeiro. Il est ouvert du mardi au dimanche de 10H00 à 17H00 et est accessible à pieds, en vélo, en transports en commun et par la mer. Les billets doivent par contre être impérativement réservés sur le site du musée : https://museudoamanha.org.br/. Bonne visite !

Crédit photo: Le Musée de Demain © DR

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